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 Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]

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Message#Sujet: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Jeu 3 Sep - 23:23



Sommes-nous damnés tous les deux ?


Abygaëlle regardait par la fenêtre. Il commençait à se faire tard, le soleil s'assombrissait un peu plus de minute en minute. Elle était songeuse et ses yeux, bien que conscients du changement progressif de l'heure, se perdaient dans le vide. Elle avait ce regard triste qui la caractérisait la majeure partie du temps lorsqu'elle se trouvait sous son propre toit. Triste et légèrement mélancolique. Il y avait eu en ces lieux bien plus de bonheur qu'actuellement et, au fond d'elle, ce temps là lui manquait. Sa famille, souriante et soudée – et surtout au complet – lui manquait. Certes, elle profitait tout à fait de la situation actuelle et jouissait comme il se doit de ce nouveau statut que l'alliance d'Anna avec le prince de Féerie lui avait donné dès lors qu'elle avait été proclamée mais, toute cupide qu'elle était, il existait tout de même en elle les souvenirs heureux du temps d'avant leur arrivée à Piquiel et ces derniers ne lui permettait pas de se réjouir pleinement de la vie qu'elle menait. C'était sans doute pour cela qu'elle passait le plus de temps possible à l'extérieur, pour ne pas trop se ronger l'âme.

Elle avait donc, comme presque quotidiennement, été rendre visite à Anna un peu plus tôt dans la journée. Elle n'aimait pas particulièrement se rendre au château en vérité, l’atmosphère qui y régnait avait tendance à l'étouffer et avoir des chances de croiser le roi à chaque tournant n'était pas pour lui plaire, mais voir sa fille était suffisant pour surpasser tout cela, et ce d'autant plus lorsqu'elle arborait toujours d'aussi belles robes et d'aussi brillants bijoux. Il fallait bien avouer également que rentrer aussi facilement au château et y être accueillie avec plus de respect que la haute classe, et peut-être même que ses semblables en vérité, ne lui avait jamais montré était on ne peut plus plaisant et lui donnait le sentiment fort agréable d'être quelqu'un d'important. Elle aimait l'idée que les paysans alentours et autres serviteurs la voient dans une telle position de puissance vis à vis d'eux. Pour autant, il lui fallait bien retrouver la petitesse de son logis une fois ses visites terminées, ce qu'elle avait fait deux petites heures plus tôt maintenant. Le rebord de la fenêtre avait été son principal repli pendant tout ce temps.

Lorsqu'enfin la porte en bois de la chaumière pivota, Abygaëlle sortie de sa torpeur et s'éloigna de la fenêtre, reprenant tout l'esprit qu'il fallait pour installer les couverts sur la table à manger. Le repas était déjà près et attendait patiemment dans un coin de la cuisine, le plat recouvert d'un torchon pour garder la chaleur. Quand bien même le couple Odien vivait actuellement quelques turbulences, elle n'avait pas, et ne souhaitait pas, changer ces petites habitudes quotidiennes qu'ils avaient eu depuis toujours. Les gestes, eux, n'étaient plus tellement les mêmes, malheureusement. Pour autant, ce soir, elle vint à la rencontre de Gwendall, passant une main furtive dans son dos et lui offrant un sourire timide mais sincère.

- Comment s'est passé ta journée ? lui demanda t-elle avant de l'inviter à la suivre dans le coin cuisine de la pièce principale de leur modeste logis.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Dim 6 Sep - 15:06


Sommes-nous damnés, tous les deux ?
I

l avait toujours travaillé avec grand acharnement, surtout parce qu'il souhaitait que sa famille, quoique contrainte de vivre humblement, ne manque jamais de rien... seulement, à présent que sa famille, justement (ou ce qu'il en restait, tout du moins), n'était plus dans le besoin, bénéficiant de tout le confort qui peut vous être octroyé pour peu que votre fille appartienne désormais à la famille royale, il semblait qu'il passe plus de temps encore aux champs qu'il ne le faisait autrefois. Oh, le travail ne manquait pas, bien sûr, pour qui cherchait le labeur, il y en avait toujours, mais il ne faisait aucun doute qu'il s'y abandonnait avant tout et surtout pour décharger son cerveau meurtri de toutes les émotions négatives et de tous les scrupules qui l'envahissaient au quotidien. S'il l'avait voulu, il aurait pu s'installer à la cour, et ne plus travailler un seul jour de sa vie. Il ne le souhaitait pas. Et même s'il n'avait pas demandé à son épouse ce qu'elle en pensait, il voulait croire qu'elle non plus, quoi qu'il en soit, ne voulait pas perdre complètement leur vie d'avant, même si ce qu'elle était aujourd'hui n'avait pas grand chose à voir avec ce qu'elle avait pu être autrefois. Elle n'avait aucun rapport, même... Il suffisait de voir combien leur maison était vide, à présent, et combien l'air se chargeait toujours d'une sorte de tension presque palpable, qui rendait la situation à la limite du supportable. Même s'il fallait bien l'assumer, dorénavant, quoique les secrets et les non-dits menaçaient toujours et à tous moments de détruire le précieux équilibre d'une famille pour le moins déséquilibré.

Ce fut fourbu, mais transi d'une fatigue qui lui apparaissait plus que bénéfique, qu'il passa le pas de leur demeure, où Abygaëlle l'attendait. Ah, Abygaëlle ! Gwendall l'aimait toujours, bien sûr. Il avait était sincère dans le moindre des voeux qu'il avait prononcés à leur mariage, et il penserait chacun d'entre eux jusqu'à la fin de ses jours, mais il devait bien reconnaître que leurs relations n'étaient pas au meilleur fixe. Le secret qui les unissait avait été supportable tant que ses tenants et aboutissants étaient à peine observables, mais aujourd'hui, la machination avait été mise en marche, le roi Edgar avait fait son oeuvre. Et ils en faisaient les frais. Et Gwendall, qui jamais n'avait eu le moindre secret pour son épouse, ne savait à présent faire autrement que de lui cacher des choses. Voilà, par exemple, plusieurs jours qu'il avait revu Eleonore, et s'il brûlait d'en parler à son épouse, quelque chose l'en avait retenu... La crainte qu'elle en parle à Edgar, peut-être ? C'était absurde, sans doute, mais c'était ainsi, il en venait à douter d'Abygaëlle, autant que de lui-même... Et pourtant, il aimait vraiment sa femme...

Il lui adressa un léger sourire, déposa un tendre baiser sur sa joue, quand elle l'accueillit au sein de leur foyer comme elle le ferait en n'importe quelle circonstances. Comme si de rien n'était, en somme. Il devait reconnaître que cette sorte de routine lui était agréable, parce qu'elle était rassurante... même s'il ne pouvait s'empêcher à présent de songer qu'il s'agissait d'un leurre de plus.

-Bien... enfin, normalement.
répondit-il sans voir grand chose d'autre à répondre. Autrefois, il se serait sans doute épanché sur les moindres détails de sa journée, et même sur les plus insignifiants. Et toi ? Tu es allé voir Anna ?

Elle passait beaucoup de temps au château. Bien plus que lui en tous cas, qui se dissimulait derrière le travail pour justifier ne pas se rendre au château. Non pas qu'il ne tienne pas à voir sa fille, au contraire, mais il supportait mal l'ambiance au château.


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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Sam 3 Oct - 23:56



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C'était idiot. Se retrouver à ressentir de l'appréhension alors même qu'il s'agissait de son propre mari. S'il existait un paroxysme à l'amour d'Abygaëlle, ce dernier se dirigeait sans hésitation vers Gwendall. Il était celui qui partageait son existence depuis suffisamment longtemps pour tout connaître d'elle, ce qui, en soit, était autant une faiblesse qu'une force. Car si elle appréhendait chaque soir ou presque son retour du travail, c'était essentiellement parce qu'il avait découvert ces dernières années une part de sa personnalité qu'elle même – tout du moins il lui semblait – ne connaissait pas jusqu'alors. Ce qu'ils avaient dû faire par le passé avait certes crée de nouveaux liens entre eux, mais tous ces actes et ces mensonges avaient aussi et surtout alimenté cette faille qui s'était ouverte à l'instant même où Edgar Basiel avait décidé de lui adressé la parole. Elle avait certes par la suite montré à son mari un tout nouveau visage – qui cependant n'avait pas le moins du monde supprimé celui qu'elle possédait déjà – mais même sans cela la fissure dans leur amour serait née, traîtresse des aléas d'une vie qu'on ne choisit pas.  

Il ne fallait pas se leurrer. Ce n'était pas parce qu'elle appréciait à sa juste valeur le statut qui leur avait été offert par l'alliance d'Anna avec le prince héritier de Féerie que tout ce qui s'était passé par le passé ne pesait pas sur sa conscience. Elle était cupide, certes, mais pas inhumaine. Du moins, pas totalement. Car oui, l'idée de se mettre elle même en action lorsque l'heure était venue lui avait traversé plus d'une fois l'esprit. Non pas parce que l'acte avait l'air plaisant à exécuter, loin de là même, mais bien parce qu'elle n'aurait eu d'autre choix que de le faire pour protéger la famille qu'elle s'était elle même choisie. Mais n'en était-elle pas déjà moins un monstre ? Elle n'avait rien fait, mais elle l'avait pensé. Et en plus de cela, qui donc s'était mis à exécution à sa place ..? Lequel des deux côtés de la médaille était-il le plus horrible en fin de compte ?

Alors oui, tout cela avait rongé les os du couple et la moelle était à présent presque apparente. Rien d'étonnant alors à ce qu'Abygaëlle soit anxieuse à l'idée de perdre définitivement celui sans qui elle ne se voyait pas vivre. Certes, leurs rapports n'étaient pas des plus simples ces derniers temps, mais l'affection et le besoin des habitudes restaient présent et c'était, tristement peut-être, mieux que rien. C'était au moins la preuve que tout n'était pas perdu. Faire à manger pour lui était toujours un plaisir et l'anxiété n'enlevait rien au fait qu'elle aimait toujours autant le bruit des gongs de la porte qui s'ouvrent une fois la fin de journée arrivée. En vérité d'ailleurs, elle avait parfois peur que cette porte finisse par ne plus s'ouvrir un jour... C'est pourquoi elle fut rassurée lorsque Gwendall se conporta, comme à son habitude en vérité, avec naturel. Mais ce sourire, ce baiser... tout semblait toujours être une bombe prête à exploser.

- Oui, je n'ai pas pu lui parler longtemps mais tout a l'air d'aller pour le mieux. Elle marqua un court temps de silence. Du moins, c'est ce qu'elle laisse entrevoir. A présent, les Odien avaient la confirmation qu'on ne pouvait jamais être sur d'aucune apparence et c'était une vérité qui planait constamment au dessus d'eux. Installe toi, lui dit-elle en allant chercher les plats dans lesquels se trouvait le repas du soir.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Mar 6 Oct - 17:33


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T

out a l'air d'aller pour le mieux. Ni l'un ni l'autre ne pouvait prononcer de tels mots en les pensant réellement. À une époque, peut-être, ils en auraient été capables. Pas parce que tout allait bien à cette époque, mais parce qu'ils pouvaient encore se bercer d'illusions. Quand ce qui était à présent effectif appartenait à un futur si lointain qu'ils n'envisageaient qu'à mi-mot sa réalisation... Tout était si réel, si cruel à présent. Non, tout ne pouvait pas aller pour le mieux. Et Abygaëlle soutint l'opinion qu'il formula intérieurement en ajoutant que c'était du moins ce que laissaient entrevoir les apparences. Et les apparences dissimulaient toujours une réalité insoutenable, c'était même là le fondement de la politique du roi Edgar. Le voile d'illusion douce qu'il déposait sur l'horreur du réel suffisait généralement à apaiser les esprits, à faire qu'ils se complaisent dans la plus grande des naïvetés, Mais les Odien avaient eu "l'insigne honneur" de voir à travers ce voile, ils appartenaient dorénavant à la catégorie de ceux qui prétendent. Sauf qu'ils n'étaient pas taillés dans le même marbre que les Basiel, et tout ça, cette situation, c'était trop pour eux. Pourtant. Ils y avaient consentis. Et Anna était entre les mains des Basiel, à présent. Victoria morte. Eleonore en fuite dans la forêt. Eleonore... Gwendall devait-il parler à son épouse de leur rencontre ? Ce semblait évident. Et pourtant, il hésitait. Gwendall, à la demande de son épouse, s'installa autour de la table, appréciant l'odeur du repas tout juste préparé par sa femme, celle-là même qui lui donnait un sentiment d'habitude, de routine salutaire même s'il ne pouvait rien en être.

-Ça sent très bon.
complimenta-t-il, entretenant par la même, il le savait bien, la mascarade. Sauf que plus cela allait, plus tous les mots qu'il adressait à Abygaëlle, Abygaëlle qu'il aimait, adorait, même, comme il ne saurait jamais aimer personne d'autre (hormis ses filles, ça va de soi), sonnait faux. Non pas qu'il ne se dégage pas de ces petits plats un fumet appétissant, c'était effectivement le cas, mais chaque mot qu'ils prononçaient qui demeurait à la surface, en suspens, avait les accents du mensonge. Il y avait un abcès à crever. Ce soir, peut-être ? À présent que Gwendall avait revu Eleonore, il sentait qu'ils ne pouvaient plus attendre très longtemps. Aby... Je voudrais te parler de quelque chose, mais j'aimerais que tu n'en parles ni à Anna, ni à Edgar...

Il savait qu'il n'était pas de bon ton de sous-entendre qu'il craignait qu'elle répète ses confidences, mais il avait malgré tout besoin de l'entendre lui faire cette promesse. Sans cela, il n'était pas certain de pouvoir aller plus loin. C'était absurde, c'était forcément absurde, Abygaëlle se souciait autant d'Eleonore que lui, et il était sûrement tout autant absurde de ne pas vouloir mettre Anna dans la confidence. Pour autant, il ne se voyait pas réagir différemment.


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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Dim 27 Déc - 19:58



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Une nouvelle soirée, faite, en partie, de faux semblants. Abygaëlle et Gwendall ne vivait plus une vie de couple idéale, c'était loin de le dire, mais ce quotidien qu'ils maintenaient tant bien que mal signifiait bien que les attaches restaient encore suffisamment fortes pour ne pas défaire les coutures. Tout du moins pas complètement. Plus  les jours passaient pourtant et plus il semblait à Abygaëlle que l'amour qu'ils se portaient tous les deux ne serait bientôt plus suffisant pour panser les plaies. Seulement, il n'y avait aucun retour en arrière possible à présent et, quand bien même elle se savait bien plus fautive que son mari dans tout cela, elle ne voyait pas plus d'issue que lui à leur situation. Les chaînes s'étaient resserrées, l'irréparable avait été commis et, à présent qu'une de leur fille était enchaînée au château – non sans que cela ne plaise à la principale intéressée cependant –, fuir, par exemple, était exclu – et, il fallait bien l'avouer également, l'absence du confort qui faisait leur récompense ne serait pas exactement pour plaire à la mère de famille non plus. Alors c'était ainsi que cette dernière tentait de garder les morceaux collés entre eux : par la routine de ces bons petits plats, qu'elle préparait sincèrement avec amour chaque fois. Mais combien de temps est-ce que cela allait encore suffire ?

C'était par ce genre de petites choses de la vie qu'elle pouvait et savait encore rendre, ne serait-ce qu'un peu, son mari heureux et le sourire qu'elle afficha au compliment qu'il venait de lui servir était tout à fait sincère lui aussi. Tant qu'ils pourraient tous les deux s’asseoir ainsi à la même table, lui mangeant ce qu'elle avait cuisiné, elle saurait que tout n'était pas perdu et garderait un tant soit peu d'espoir. Seulement, Gwendall ne se contenta pas de complimenter l'odeur des mets qu'elle venait de déposer sur la table et ce qu'il dit ensuite, cette fois, ne présagea rien de bon. Aby prit le temps de s'asseoir à son tour avant de répondre quoique ce soit. Elle savait que la suite n'allait pas lui plaire d'une manière ou d'une autre et elle préférait ménageait son corps et son cœur en leur offrant le soutien d'une chaise.

C'était à ce genre de phrase que l'on sentait que le couple Odien battait de l'aile, et ce quand bien même l'amour était toujours bel et bien présent entre eux. Il fut un temps où la confiance que l'un portait à l'autre était sans limite. Aujourd'hui, ce n'était clairement plus le cas, comme l'attestait la demande de Gwendall à sa femme. Une demande qui ne manqua pas de faire naître un ton légèrement vexé dans la voix de cette dernière.

- Je ne me suis pas encore vendue complètement au diable tu sais, lança t-elle sans réellement oser le regarder dans les yeux. Oh, elle était consciente des erreurs qu'elle avait pu faire par le passé, mais ce n'était pas pour autant qu'elle portait le souverain dans son cœur et qu'elle acceptait la totalité des actes de sa fille-princesse. Après un court silence, elle acheva dans un hochement de tête. Tu peux compter sur moi. Elle ne put cependant pas s'empêcher d'ajouter quelques mots, un peu plus bas. J'espère qu'au moins tu le sais encore. Il n'y avait rien de plus douloureux dans toute cette situation que de voir mourir ce lien qui lui était le plus cher au monde.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Lun 28 Déc - 20:01


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G

wendall comprenait sans mal que sa requête blesse quelque peu son interlocutrice. Dans la situation inverse, lui aussi n'apprécierait pas que son épouse mette sa confiance en doute. Quand bien même tout n'était pas rose au sein de leur couple ces temps derniers, Gwendall aimait sa femme plus que tout, et elle pouvait avoir en lui une confiance absolue. Il voulait croire que l'inverse était vraie également, mais il ne pouvait s'empêcher de douter malgré tout. C'était plus fort que lui. Dernièrement, il lui devenait de plus en plus difficile d'accorder à sa compagne toute la foi qu'il lui adressait auparavant. L'amour était toujours aussi fort, oui, mais le doute, les secrets, ce qu'ils avaient accepté l'un comme l'autre, avait petit à petit creusé entre eux un fossé qu'il devenait de plus en plus difficile de combler, de quelque manière que ce soit. Dans un moment où ils devraient être plus que jamais unis dans l'adversité, ils voyaient les failles se multiplier, et leurs efforts gâchés. Le paysan adressa un sourire d'excuse à son épouse quand cette dernière lui fit remarquer qu'elle n'avait pas encore vendu son âme au diable. Peut-être pas... Quoique Gwendall avait le sentiment d'avoir vendu la sienne et celle de sa femme dans la foulée il y a bien longtemps déjà... Dès lors qu'ils avaient mêlé leurs vies à celles des Basiel, il lui semblait avoir brisé quelque chose. Et si ce n'était pas l'âme entière, c'était sans doute un fragment d'âme...Car oui, l'existence du diable n'était pas à nier en la circonstance. Ils l'avaient dans leur sillage, en chair et en os, et il ne faisait aucun doute qu'il portait les traits d'Edgar Basiel. Gwendall était soulagé par les propos d'Abygaëlle, la défiance avait beau s'être insidieusement immiscée dans leur couple, il n'en demeurait pas moins qu'il pensait encore savoir quand elle mentait. Et là, elle était sincère. Bien sûr, qu'elle ne dirait rien, et pas même à Anna ! Elle était aussi bien placée que lui pour connaître les risques. Et quoi qu'ils aient pu faire, quelles qu'aient pu être leurs erreurs, il était certain d'une chose. Ils tenaient infiniment à leurs filles.

À leurs deux filles. Avec le même amour. Et tout ce qu'Abygaëlle ou lui-même aient pu faire qu'ils aient pu mutuellement se reprocher n'étaient jamais que des actes d'amour certes violents et parfois cruels mais toujours des plus sincères. Oui, évidemment qu'il fallait qu'il lui en parle, et évidemment qu'elle ne répèterait rien de ce qu'il dirait. Quel idiot avait-il été d'avoir pensé le contraire ! Entendre sa femme s'imaginer qu'il ne daignait plus compter sur elle, c'était la goutte d'eau ! Non, il ne la laisserait pas s'imaginer une telle chose... Même si, par instants, il y avait sans doute un fond de vérité là-dedans. Alors il se jeta à l'eau, et lui apprit la vérité, tout simplement.

-Je le sais.
affirma-t-il d'un ton qui se voulait rassurant avant de prendre une grande inspiration, pour se communiquer autant de force et de courage que possible. Ce n'était que quelques mots, pourtant. J'ai revu Eleonore.


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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Mer 3 Fév - 22:42



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Abygaëlle appréhendait ce qu'allait bien pouvoir lui dire son mari, certes, mais ce qui lui faisait le plus peur c'est ce qu'il pensait de la réaction qu'elle allait avoir. De toute évidence, il avait mûrement réfléchie avant de lancer la conversation qui se jouait actuellement et il avait, pour finir, décidé de prendre ce qui semblait être un risque. Cette demande de ne pas en parler au roi ou à sa propre fille par la suite, elle le vivait comme un affront. Oui, elle comprenait au fond d'elle que la situation des dernières années avait mis les sentiments de confiance et de fiabilité à rude épreuve, mais il ne lui semblait pas pour autant s'être transformée en une réplique d'Edgar, fourbe et manipulateur. Oui, elle prenait bien plus avantage de cette « nouvelle vie » que ne le faisait Gwendall et elle se rendait bien compte elle-même qu'elle se montrait avare de cette nouvelle richesse, mais elle n'avait pas perdu son humanité. Et c'était d'ailleurs cette dernière, ainsi que son amour pour son mari, qui accusaient le coup de ces quelques mots, ces derniers effritant encore un peu plus les fondements de leur relation déjà mise à mal. Le pire était sans doute qu'elle ne pouvait pas complètement lui en vouloir.

Le soulagement lorsqu'il répondit qu'il savait qu'il pouvait compter sur elle n'était que minime. Le mal était fait à présent. Mais rien ne servait de rebondir plus longtemps que ce point, l'un comme l'autre savait que leurs liens s’étiolaient doucement, à leur plus grand dam. Lorsqu'enfin l'annonce du soir fut lancée, Abygaëlle eut du mal à finir la bouchée qu'elle venait de mettre dans sa bouche. Elle n'était pas complètement étonnée en vérité, il fallait bien que le retour de la fille en fuite arrive un jour, mais ça n'en restait pas moins soudain.

- Oh, répondit-elle finalement d'un ton légèrement surpris, baissant les yeux vers son assiette.

Sans dire un mot de plus, elle se leva, tournant le dos à Gwendall, pour aller chercher elle ne savait encore quoi dans le meuble qui se trouvait à côté. Ce baissement de tête, cette petite fuite, c'était parce qu'elle ressentait cette honte désagréable de savoir sa fille dans une position fâcheuse et d'en être en partie la cause. Elle ne quittait pas l'idée qu'Eleanore devait également s'en prendre à elle même, mais tout de même. Pour une mère aimant suffisamment sincèrement sa progéniture, ça restait une épreuve. Seulement, elle était trop fière pour l'avouer, d'autant plus maintenant qu'elle savait que sa fille avait été récemment dans les parages et qu'elle n'avait pas daigné venir à sa rencontre. Elle préférait donc tourner le dos au problème, et ce fut dans cette position qu'elle tenta de prendre un ton nonchalant et distrait.

- Comment va t-elle ?

La vérité, c'est qu'elle voulait vraiment le savoir et qu'elle espérait ardemment que la réponse de son mari serait positive. La preuve en était notamment qu'elle avait les larmes aux yeux. Au moins, elle était en vie.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Sam 6 Fév - 15:05


Sommes-nous damnés, tous les deux ?
D

ans le meilleur des mondes, Gwendall et Abygaëlle n'auraient peut-être manifesté que du bonheur et du soulagement à l'idée d'avoir des nouvelles de leur fille disparue, de savoir qu'elle était encore en vie, peut-être plus sauve que saine, mais au moins toujours vivante. Mais ce n'était pas ce sentiment là qui avait saisi Gwendall en retrouvant Eleonore, et il devenait sans mal qu'il en était de même pour Abygaëlle. Non pas que l'un ou l'autre ne soient pas sincèrement heureux et soulagés, au fond, de la savoir en vie, seulement, ils s'étaient laissés envelopper de tant de mensonges, machinations, silence, non-dits, culpabilité... qu'aucun retour en arrière ne leur était réellement possible, et que la consternante aura qui les environnait tous les deux ne savaient être dissipés par cette simple information.

La réaction d'Abygaëlle ne fut pas surprenante. Un simple "oh"... Puis elle s'était levé. Gwendall savait pertinemment (même si la communication était devenue difficile entre eux, dernièrement, ils se connaissaient tout de même bien assez pour qu'il sache interpréter relativement justement ses réactions) que, quel que soit l'objet qu'elle prétendait rechercher dans ce meuble, elle n'en avait pas vraiment besoin. Elle lui refusait son regard. Gwendall le regrettait. Parce qu'il aurait voulu, au fond, être sûr d'y découvrir le reflet de son propre regard, mais il la comprenait. Même dans l'épreuve, elle savait toujours se montrer digne. Et bien plus que lui. C'était une qualité qu'il n'avait jamais cessé de lui admirer. Même bien avant... tout ça... La question qu'elle posa alors semblait traduire en soi une émotion que Gwendall n'arrivait pas à lui deviner, alors qu'elle lui tournait le dos. Il en était convaincu, cette question était sincère, et le besoin d'entendre sa réponse, vital. Ce n'était malheureusement pas l'amour qu'ils portaient à leur fille qui était à mettre en cause, c'était les circonstances, les irréversibles et terribles circonstances.

-Je ne sais pas.
répondit doucement Gwendall, qui aurait largement préféré pouvoir répondre qu'Eleonore allait bien. C'est sûr, elle était en vie et en un seul morceau, en soi c'était déjà beaucoup. Mais elle était en danger et il était fort à parier à présent qu'elle le resterait tant qu'Edgar règnerait. Elle n'a pas voulu revenir. En même temps, cela aurait été trop risqué, sans doute. Mais plus que de la laisser gambader avec ses amis rebelles dans la forêt ? Pas sûr. Gwendall aurait accepté de la cacher, il n'aurait pas hésité une seule seconde. Mais Eleonore ne lui avait pas laissé de véritable choix. Elle avait été catégorique. Elle ne reviendrait pas, en tous cas pas tout de suite. Elle sait... pour Victoria.

Enfin, elle ne connaissait pas toute l'histoire (du moins le pensait-il à ce stade), mais elle savait qu'elle était morte, et ce secret dévoilé pourrait en faire émerger tant d'autres.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Lun 15 Fév - 18:37



Sommes-nous damnés tous les deux ?


La nouvelle n'était pas désagréable en soit, mais elle lui avait néanmoins coupé l'appétit. Abygaëlle venait d'avoir la certitude qu'Eléonore était encore en vie et c'était quelque chose pour lequel elle ne pouvait que se réjouir, bien évidemment. Mais la nouvelle s’accompagnait de tellement de points négatifs, de souvenirs douloureux, qu'il était bien difficile de se montrer expressif. Elle aimait sa fille, de tout son cœur, mais la culpabilité et l’incompréhension prenaient le dessus, c'était dire à quel point ces deux sentiments étaient forts. Mais dans toute cette situation, il y avait surtout son rôle de mère qui était mis à mal. Elle savait avoir déçu sa fille, elle le savait très bien, et le fait qu'elle n'ait pas profité de sa venue au village pour venir la voir elle aussi montrait quelque chose d'encore plus fort à ses yeux : Eléonore ne voulait plus avoir affaire avec sa propre mère. Oui, c'était ainsi qu'Abygaëlle ressentait les choses et c'était par fierté qu'elle avait alors fui tout contact visuel avec son mari. Non seulement parce qu'elle était profondément blessée, mais aussi parce qu'elle savait qu'elle méritait cette douleur. Quand bien même elle ne cessait de se dire qu'Eléonore avait été idiote d'agir comme elle l'avait fait, c'était des décisions bien plus anciennes encore qui entraient ici en jeu. Mais ces décisions, elle ne les avait pas totalement prises seule, non ?

Abygaëlle ravala sa douleur et sa fierté et posa la question qui se devait d'être posée et dont elle souhaitait très sincèrement avoir la réponse. Que sa fille l'ait très probablement reniée n'enlevait pas le fait qu'elle la voulait vivante et, peut-être un jour, elle l'espérait, heureuse. Seulement, la réponse de Gwendall n'était pas tout à fait satisfaisante. Abygaëlle ne revint pas à table mais elle se retourna pour faire de nouveau face à son mari. Adossée contre le plan de travail de leur cuisine, ses mains comme accrochées au rebord de ce dernier, elle tentait de ne pas flancher, de garder le peu de dignité dont elle pouvait encore prétendre. Elle acquiesça en silence, d'entente et de compréhension, à la remarque de Gwendall sur le non retour de leur fille au foyer familial.

- Rien d'étonnant à cela, répondit-elle finalement, d'un ton où l'on sentait la fatalité de cette vérité. Il y avait bien trop de facteurs pour qu'Eleonore ne songe même à revenir dans les parages. Sans compter Edgar, qui ne lui voulait absolument rien de bon, la fille tenait de la mère, et elle avait sa fierté elle aussi. Elle ne pouvait pas la blâmer. D'autant moins avec l'annonce qu'elle venait d'entendre à propos de Victoria. Cette fois, il fallait qu'elle s'assoit. Anna ? demanda t-elle une fois sa place à table reprise pour savoir si ce qu'elle savait incluait justement sa sœur jumelle. Si c'était le cas, elle ne pouvait qu'imaginer sa douleur et sa colère. Elle même avait bien du mal à faire face à cette vérité, celle qui disait avec clarté que sa fille, au delà d'être princesse, était meurtrière. Et si encore il n'y avait que cela à supporter...

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Lun 15 Fév - 21:28


Sommes-nous damnés, tous les deux ?
A

bygaëlle, drapée dans sa dignité, parvenait à donner le change, et à dissimuler autant qu'elle le pouvait les sentiments qui devaient l'assaillir en cet instant, mais même si elle ne les montrait pas, il semblait à Gwendall les deviner, tout simplement parce qu'ils ne devaient pas être différents des siens. Elle aussi devait être soulagée de savoir leur fille en vie, mais tout cela faisait remonter à la surface les spectres de leurs erreurs passés. Leurs erreurs... Le terme était trop faible encore. Leur crime, même. Ajoutez à cela qu'Abygaëlle n'avait même pas été présente au moment de la visite d'Eleonore, tout cela devait la remuer... (Gwendall ne pensait pas qu'elle ait guetté le départ de sa mère pour venir le voir lui, expressément, il pensait, en toute bonne foi, que tout cela n'était dû qu'au hasard - après tout, il n'y avait rien de reprochable à son épouse qui ne puisse lui être reproché tout autant). Gwendall n'aimait pas voir sa femme dans un tel état, malheureusement, en de telles circonstances, c'était inévitable. Et il n'y avait rien qu'il puisse vraiment dire ou faire pour l'apaiser. Rien qui ne soit un mensonge, qui voilerait les problèmes sans les résoudre... Ils avaient déjà joué à ce petit jeu trop longtemps.

Elle ne montra pas vraiment de surprise en apprenant qu'elle ne comptait pas revenir... et en vérité oui, ce n'était pas surprenant. Ce serait même pure folie de sa part que de s'aventurer à le faire. Même si ce n'était pas idéal, elle était sans doute plus en sécurité encore, à errer ainsi au beau milieu de la forêt. Apprendre qu'elle savait pour Victoria fut par contre plus difficile à encaisser. Abygaëlle revint s'assoir, et Gwendall en profita pour attraper doucement sa main. Quelles que puissent être les difficultés qu'ils rencontraient tous les deux, il lui serait bien impossible de ne pas la soutenir alors qu'elle faisait face à ses révélations. Et la question qu'elle posa, composé d'un seul nom, mais qui suffisait largement pour que Gwendall comprenne. Il fit doucement non de la tête, sentant son estomac se serrer très largement.

-Elle sait qu'elle est morte.
répondit-il. Qu'elle a été assassinée. Mais elle ignore comment ou pourquoi. Du moins, il en avait la conviction. Dans le cas contraire, il est évident qu'elle lui aurait présenté les choses de façon complètement différente. Elle était déjà si bouleversée par cette nouvelle... Qu'est-ce que cela serait quand elle apprendrait tout... Pour l'instant.

Car oui. Elle finirait certainement par savoir. Elle avait appris pour la mort de Victoria. Les secrets qui entouraient la famille Odien (et la famille Basiel par extension) tendaient forts à ne plus l'être sous peu, et le moment arriverait sans aucun doute où il leur faudrait répondre de leurs actes. Oui, Eleonore finirait par savoir. En fait, elle était même déjà au courant. Mais ça, bien sûr, il ne le savait pas.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Mar 15 Mar - 23:39



Sommes-nous damnés tous les deux ?


Quand bien même Abygaëlle avait constamment les muscles de son corps tout entier tendus au maximum, et ce depuis trop d'années à présent, elle ne s'était pas attendu à ce que cette soirée, en apparence banale, se déroule ainsi. C'était tellement plus simple de faire l'autruche et de se faire croire à soi-même qu'on avait une vie on ne peut plus normale, mais la vérité était à chaque instant sous-jacente et il semblait que, ce soir, elle ait souhaité refaire surface sans ménagement. Ce n'était pas un mal en soit, il existait des choses qui ne pouvaient restées enfouies trop longtemps sous peine d'exploser à l'intérieur. Toute cette histoire, au delà de couvrir petit à petit de moisissures la totalité de ses organes vitaux, était une bombe à retardement et la mèche semblait s'enflammer de plus en plus vite, en attestait la nouvelle qu'elle venait tout juste d'apprendre. Certes, elle fut soulager d'apprendre qu'Anna n'était pas encore selon Gwendall en ligne de mire d'Eleonore, que cette dernière ne savait pour l'heure qu'une infime partie de la vérité, mais elle n'était pas apaisée pour autant. Sans doute ne le serait-elle jamais plus d'ailleurs. Comment l'être avec tant de mensonges et tant de crime sur la conscience.

S'asseoir avait été une nécessité. Elle savait se montrer digne, il n'y avait pas de doute là dessus, mais il y avait des limites à ce qu'elle pouvait supporter sans flancher. En quelques sortes, une Eléonore qui ne savait rien, ou peu, de leurs magouilles maintenait une certaine innocence ainsi que l'infime impression d'une vie qui n'avait pas encore complètement sombré dans l'obscurité. L'idée que cet espoir, sans doute bien risible aux vues de leur réelle situation, perde le peu de clarté qu'il possédait avait presque le don de lui refiler des angoisses. Fort heureusement, la main que Gwendall vint placer dans la sienne arriva à point nommé et elle serra doucement cette dernière. Aurait-elle seulement survécu à tout cela sans lui ? Elle ne savait plus tellement ce qu'ils devaient faire à présent, s'il fallait complètement changé la marche à suivre ou s'il fallait continuer de faire impunément l'autruche. Abygaëlle connaissait sa fille et elle savait qu'elle ne se contenterait pas d'attendre que de plus amples informations quant à la mort de sa sœur tombent du ciel. Peut-être la période de silence devait-elle toucher à sa fin. Mais comment ? Oui comment. Une question multiple en ce moment même.

- Comment l'a t-elle appris ? demanda t-elle d'une voix calme, bien que légèrement tremblante.

Il pouvait y avoir tout un tas de causes à cette découverte, mais elle souhaitait savoir de quelle manière elle avait bien pu apprendre la mort de celle qu'elle croyait être sa propre sœur. Et restait également à savoir comment elle allait apprendre la vérité sur cette dernière ainsi que l'identité de son assassin. Car oui, le « pour l'instant » que prononça Gwendall voulait tout dire et l'instant ne serait très certainement plus bien long.

- Et comment crois-tu qu'elle va apprendre la suite ? Elle marqua un court temps de silence. Ne crois-tu pas que nous devrions... Elle laissa sa phrase en suspens, sans doute parce que le dire à voix haute était déjà un crime aux yeux d'Edgar.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Jeu 17 Mar - 14:01


Sommes-nous damnés, tous les deux ?
L

es interrogations nombreuses (et pour le moins inévitables) d'Abygaëlle étaient parfaitement légitimes, et Gwendall ne pouvait qu'entendre dans ces questions celles qu'il aurait lui-même posé dans ce même ordre précis si la situation venait d'être inversée. En l'occurrence, il aimerait que les rôles puissent être inversés, être celui qui pose les question plutôt que celui qui détient les réponses. Parce que ces réponses n'avaient vraiment rien de simple ni à accepter, ni à formuler. Mais si quelqu'un méritait de savoir toute la vérité (en plus d'absolument tout le monde), c'était bien Abygaëlle, qu'il se sentait au fond soulagé de mettre dans la confidence, quand bien même il l'obligeait à ajouter un poids supplémentaire sur un fardeau déjà beaucoup trop lourd à porter. Gwendall répondit une à une aux questions de son épouse d'une voix blanche, presque tremblante, qui ne tremblait pas. Et pourtant... Pourtant, en se remémorant la façon dont Eleonore lui avait parlé de la mort de Victoria, elle lisait de nouveau l'émotion sur son visage, et l'horreur, aussi, car elle n'aurait pas pu apprendre les circonstances de la mort de sa sœur (si tant est qu'elle la considère encore comme telle) d'une plus horrible manière que celle-ci.

-Elle l'a vue... Sur l'île.


Il ne donna pas plus de détails, parce qu'il n'était pas certain qu'il pourrait supporter d'en ajouter davantage. Aby saurait ce que cela signifiait, de toute manière. Il n'y avait qu'une seule manière dont Eleonore avait pu voir Victoria, et c'était sous la forme d'un cadavre, croupissant au milieu d'autres victimes dans l'indifférence générale. Même de la sienne. C'est ça, la beauté d'un mensonge. Quand on le prononce fort et souvent, on finit par y croire. Puis la réalité vous gifle en plein visage.

-J'ignore si elle en saura davantage. Mais... Je crois que toutes les vérités finiront par éclater, à un moment ou un autre, sans doute plus tôt qu'on ne le croit.
Et ce jour là, ils devraient répondre de leurs actes. Oh, il savait ce que son épouse lui suggérait, ou du moins pensait-il le deviner. Mais il l'invita tout de même à poursuivre. Peut-être parce qu'il s'agissait là de mots qu'ils ne se sentait pas prêt à prononcer en premier. Nous devrions ?

En vérité, il y avait mille manières de répondre à cette question. Ils devraient tant de choses, en réalité, tant de choses... Ils avaient failli à bon nombre de leurs devoirs, mais l'échec le plus manifeste était certainement celui de leurs devoirs parentaux. Gwendall avait le sentiment d'avoir été le pire père au monde. Pas seulement pour Eleonore ou même Victoria. Pour Anna, aussi. C'était sans doute un scrupule beaucoup trop tardif, qu'il éprouvait, quoi qu'il étouffait le sien depuis très longtemps. Mais il était de plus en plus difficile de se taire et de prétendre, encore moins alors qu'il sentait l'étau se resserrer autour d'eux.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Dim 17 Avr - 17:35



Sommes-nous damnés tous les deux ?


Plus la conversation avançait, plus il était difficile pour Abygaëlle de garder la tête haute, comme elle aimait si bien le faire d'ordinaire. C'est que tout en donnant aux autres une image faussée d'elle même – à savoir une personne froide aux intérêts mal placés et sans doute même douteux –, elle se voilait également sa propre face. C'est qu'il était plus facile de prétendre que rien ne l'atteignait plutôt que de montrer ses faiblesses, mais, comme toute mère aimante – car oui, elle l'était réellement et avec force même – il y avait des choses face auxquelles elle ne pouvait tout simplement pas rester indifférente de l'extérieur, et les nouvelles d'Eleonore que lui apportait son mari en faisait très clairement partie. La blessure de ne pas avoir vu elle-même sa propre fille lorsqu'elle était venue rendre visite à Gwendall n'était rien en comparaison à ce que lui procurait l'annonce des connaissances actuelles d'Eleonore quant à Victoria et, pire encore, la façon dont elle avait eu ces dernières. Elle ne put empêcher à cette nouvelle le léger tremblement qui s'empara de la main qui se trouvait dans celle de son mari. Il y avait fort à parier d'ailleurs que sans le maintien que ce dernier lui donnait, elle se serait laissée tentée à perdre complètement la face. Elle ne prononça aucun mot quant à cela, puisqu'il n'y avait en vérité rien à dire qui puisse réparer le mal de la découverte en elle-même ainsi que celui qui rongeait Abygaëlle, tout comme il rongeait à n'en pas douter Gwendall. Le mal était profond et ce depuis des années, mais tout parent endurait également les douleurs de leurs enfants, et ce que devait vivre actuellement Eleonore était au delà des blessures guérissables. Bien au delà.

Oh, il était tellement plus agréable de se voiler la face, oui, de faire taire les vérités et de continuer à prétendre ne pas y croire, mais ici et maintenant, Abygaëlle n'en avait plus la force. A tel point qu'elle en venait à croire que l'heure était venue de tout abandonner. Seulement, elle se trouva incapable d'achever de mettre ses pensées en mots et puisque Gwendall ne l'aida nullement à finir sa phrase, elle les étouffa. Une nouvelle fois. Retirant la main de celle de son mari, elle se redressa une nouvelle fois, attrapant les affaires qui se trouvait sur la table pour les remettre à leur juste place, quand bien même elle n'avait pas touché une miette de son assiette.

- Non, rien... dit-elle simplement en n'osant pas croiser le regard de son mari face à ce nouvel acte de lâcheté dont elle faisait preuve.

Ne faudrait-il pas qu'elle apprenne toute la vérité de nos bouches. Voilà ce qu'elle aurait voulu dire. Mais rien que le fait de faire passer ses mots entre ses lèvres était un affront de la plus haute importance aux promesses qu'ils avaient fait au roi lui-même. Et puisque l'homme en question était prêt à tout pour avoir le contrôle le plus total sur son royaume, il n'était pas impossible que leur conversation ce soir arriverai un jour jusqu'à ses oreilles. La question était maintenant de savoir si subir la colère d'Edgar Basiel rendrait leur misérable vie encore plus insupportable ? Sans doute pas la leur non, mais celle d'Anna en revanche... Tout était tellement compliqué, bien trop pour qu'une « simple » conversation avec leur propre fille ne soit pas voilée de malhonnêteté. Une vie de mensonge qui leur avait paru nécessaire au cours de bien des années, mais dont le fardeau aujourd'hui était insupportable à la charge.

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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Jeu 21 Avr - 19:25


Sommes-nous damnés, tous les deux ?
G

wendall eut le sentiment qu'un vent froid lui traversait l'échine quand Abygaëlle détacha sa main de la sienne et revint sur ce qu'elle avait, semble-t-il, voulu dire, et qu'ils ne devraient sans doute pas dire. L'homme avait le sentiment que c'était à cela qu'était condamné de toujours ressembler leur relation à présent. Au moindre pas esquissé de l'un, l'autre finissait immanquablement par reculer. Et ce n'était pas faute pourtant d'éprouver toujours l'un pour l'autre des sentiments forts et bien réels. Mais le sort (et eux-mêmes, ils ne devaient tout de même pas se leurrer à ce sujet) avait scellé leur destin en même temps que ceux de leurs filles, et ce dernier n'avait rien de glorieux ni d'enviable. La culpabilité, les remords, les "et si" façonnaient un quotidien qui avait été autrefois été supportables tant que Victoria, Anna et Eleonore avaient vécu sous leur toit et qu'ils avaient pu ignorer le marché passé avec la famille royale. Mais ce temps n'avait que peu duré, en définitive. Trop peu, même. Et aujourd'hui, ils recueillaient les fruits de leurs mensonges. Forcément, ils avaient un goût des plus amers... Peut-être qu'il y avait un moyen de réparer les choses (Gwendall, certainement trop naïf, voulait encore y croire, en tous cas), c'est vrai , mais pour l'heure, il était difficile à discerner. Leurs pensées se façonnaient en décisions potentielles, concernant lesquelles ils finissaient toujours par se raviser. Pour le bien-être de leurs filles. Car qui sait quelle incidence pourrait avoir leurs décisions sur tout le reste.

-Tu penses qu'on devrait lui parler.


Ce n'était pas même vraiment une question, c'était une affirmation. Sans pouvoir être certain que c'était bien là où elle voulait en venir, il pensait le deviner assez bien quand même, car si les circonstances semblaient les éloigner de jour en jour, ils n'avaient pour autant jamais manqué de savoir discerner leurs pensées respectives, et décrypter leurs émotions mutuelles. Oui, ils devraient peut-être lui parler. Car si elle devait apprendre la vérité, mieux valait que ce soit de leurs bouches à eux que de celle du roi ou d'allez savoir qui d'autre, qui altèrerait la vérité de la situation... Non pas que la vérité, même dite sans ambage, puisse vraiment les présenter en parangon de vertu. Quoi qu'ils en soient, ils avaient menti autrefois, et couvraient des mensonges plus graves encore à présent. Ils étaient assommés par le poids de tous ces mensonges. Il faudrait que ça cesse. Mais comment être sûr que les répercussions de tels aveux ne leur seraient pas seulement préjudiciables à eux mais également à leurs filles. Il est certain que leur famille (pour ce qu'il en restait) n'avait déjà plus rien d'harmonieuse, mais là, ce serait lui porter le coup fatal (quoique, en définitive, cela devrait sans doute arriver tôt ou tard, avec ou sans leur aide).

-J'y ai déjà songé, tu sais...
dit-il en déposant ses mains sur ses épaules. En fait, j'y pense tout le temps...

...Mais s'il réprimait toujours ces pensées, c'est qu'il y trouvait bel et bien un trop grand nombre d'obstacles.


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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Ven 27 Mai - 23:43



Sommes-nous damnés tous les deux ?


Il y avait bien longtemps à présent qu'Abygaëlle ne savait plus bien qui elle était vraiment, ou tout du moins ce qu'elle pensait réellement d'elle même. Il y avait tant de cicatrices invisibles sous cette chair en apparente parfaite santé qu'il lui était incapable de les compter, et encore moins de les soigner, et elle savait parfaitement qu'elle s'était infligée à elle seule une bonne partie d'entre elle. Trop de mauvais chemins empruntés, trop de mauvaises décisions prises. Tout cela revenait aujourd'hui à une vie qu'elle voulait faire croire sous contrôle mais qui en réalité partait petit à petit, mais bel et bien sûrement, à volo. C'était pour cela qu'elle ne pouvait s’empêcher de cacher les moindres faiblesses qui la traversaient elle, son mari et son logis, et quand bien même quitter la main de Gwendall et lui tourner le dos face à une telle situation n'était pas du tout ce qu'elle voulait faire au fond d'elle, c'était sa façon à elle de garder le dessus sur cette vie qui semblait à chaque instant être un précipice aux rebords qui s'effritent.

Qu'importait ce qu'ils voulaient faire à présent, révéler l'entière vérité à Eléonore ou non, le chemin qu'ils prendrait les mènerait incontestablement vers ce même précipice. Un de ces choix les forcerait même peut-être cette fois à faire un pas de trop dans le vide, entraînant tout ce qui leur était lié sur leur passage. Ils ne pouvaient en vérité plus rien faire pour « sauver les meubles », alors mieux valait aux yeux d'Abygaëlle s'épargner les infortunes que pourraient leur apporter en plus leurs petites faiblesses à tous les deux, quand bien même c'était bien là ce qu'il leur restait d'humanité. Oh elle aurait voulu préserver ses filles de tout cela et s'il avait encore été possible de sauver leurs âmes, définitivement meurtrie pour l'une et corrompue pour l'autre, elle se serait bien évidemment empressée de le faire. Malheureusement, elle, comme Gwendall, s'était réveillée bien trop tard pour cela. Les clefs n'étaient depuis bien longtemps plus dans leurs mains.

- Ce que je pense n'a plus la moindre importance aujourd'hui, répondit-elle simplement à Gwendall, se retournant de nouveau vers lui, son dos collé aux meubles de cuisine qui maintenaient son corps droit alors qu'elle rêvait au fond d'elle de se rouler en boule pour ne plus rien voir ni sentir autour d'elle.

Cette affaire d'importance de pensée perdue, c'était sincèrement ce à quoi elle songeait en se sondant elle même. Ils n'étaient tous les deux que des pantins du roi parmi tant d'autres, coincés dans ses filets, là où le moindre mouvement suspect entraînerait, sans qu'elle ne pense se tromper, des conséquences bien pires encore que ce qu'ils avaient vécus jusque là. Si leur courage, à savoir se détourner une bonne fois pour toute des volontés d'Edgar, amenaient la famille Odien toute entière au suicide, est-ce que ça en valait la peine ? Abygaëlle accueilli les bras de Gwendall sur ses épaules dans une caresse légère de sa joue sur l'une de ses mains. L'important n'était-il pas finalement qu'ils restent ensemble, et ce jusque dans la mort ? Oh, elle ne savait vraiment plus quoi penser, tout était si confus dans son esprit, depuis des années.

- Ce serait du suicide, tu le sais aussi bien que moi, répondit-elle aux derniers mots de son mari. Et nous ne serions pas les seuls morts dans l'histoire. Elle plongea son regard dans celui de Gwendall. On pouvait y lire un mélange étrange de désespoir et d'amour.



Dernière édition par Abygaëlle Odien le Sam 28 Mai - 23:45, édité 1 fois
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Message#Sujet: Re: Sommes-nous damnés tous les deux ? [pv Gwendall]   Sam 28 Mai - 12:31


Sommes-nous damnés, tous les deux ?
L

e propos des plus fatalistes de son épouse trouvait bien malheureusement un écho plus que concret dans l'esprit de Gwendall. Bien sûr qu'il était parfaitement à même de comprendre ce qu'elle pouvait bien vouloir dire, et bien sûr qu'il ne pouvait que l'approuver, même si cela était forcément un peu à contrecœur, car l'un comme l'autre ne pouvaient jamais que nourrir le rêve que les choses se passent différemment, sans pouvoir non plus concrètement caresser un tel espoir. Ce qu'elle pensait n'avait plus la moindre importance, dorénavant... Ce que lui-même pensait non plus, c'était ainsi. Aujourd'hui comme demain. Et comme hier, aussi. Ils avaient pu croire, à une époque, que leurs opinions avaient une réelle importance, ils ne pouvaient que constater s'être leurrés, depuis. Non, ça n'avait effectivement pas d'importance. Et il ne s'agissait pas que de leur pensée, il s'agissait de celle de tout un chacun en Féerie. Cette pensée hautement conditionnée, dictée par un roi qui pouvait très bien vous faire payer cher vos divergences d'opinion, pour peu que vous ayez l'audace d'en exprimer. Oui, Abygaëlle avait parfaitement raison, et Gwendall ne pouvait penser différemment non plus : qu'importe ce qu'ils pouvaient bien penser, qu'importe ce qu'ils désiraient faire, qu'importe leurs craintes ou leurs regrets, leur chagrin ou leurs désirs, ils n'étaient que des marionnettes qui avaient trop longtemps apprécié les liens qui les entravaient et qui en éprouvaient de la gêne à présent qu'il était quoi qu'il en soit trop tard pour faire marche arrière.

Gwendall soutint le regard d'Abygaëlle. Quand elle l'observait avec ces yeux-là, il ne pouvait que se rappeler combien il l'aimait, combien elle était importante pour lui, combien il serait incapable de se passer d'elle. Elle était son pilier, celle qui lui permettait de ne pas flancher quand la crainte se manifestait, celle qui lui témoignait d'un soutien sans failles en n'importe quelles circonstances. Il doutait parfois d'eux, mais quand elle le regardait comme ça, au moins un doute disparaissait. Ils s'aimaient envers et contre tout, et même s'ils devaient affronter plus qu'il n'était tolérable, au moins le feraient-ils ensemble, et cela changeait tout. Elle avait raison, ce serait du suicide. Ils ne pouvaient pas lui parler, qu'importe leur envie de se racheter. Il n'y avait pas que leurs consciences malmenées en jeu, il y avait aussi et surtout la vie de leurs deux filles. Il serait simple d'en sacrifier une au profit de l'autre et au mépris de l'autre, mais il ne le fallait pas. Abygaëlle était la voix de sa conscience. Ils ne pouvaient ni ne devaient faire autrement que d'attendre en silence. Même si cette position était la pire de toutes.

-Tu as raison. répondit-il dans une esquisse de sourire un peu douloureuse, avant de venir approcher ses lèvres de celles de son épouse pour y déposer le plus sincère des baisers. J'aimerais être aussi fort que toi.
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