Partagez | 
 

 Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
AuteurMessage
avatar
Royaume du bout de l'océan
Messages : 690
Date d'inscription : 14/10/2014

Message#Sujet: Re: Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]   Ven 16 Juin - 21:12

J'adore tellement encore, comme d'habitude !!!!! Je suis trop heureuse de te lire comme à chaque fois

_________________
La vengeance est un plat qui se mange froid, voir glacé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Rebellion
Messages : 3984
Date d'inscription : 15/01/2014

Message#Sujet: Re: Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]   Ven 14 Juil - 20:41


Chapitre XXI : Confrontation


« Il était une fois un Roi,
Le plus grand qui fût sur la Terre,
Aimable en Paix, terrible en Guerre,
Seul enfin comparable à soi. »

- Charles Perrault, Peau d'âne



Pendant plusieurs longues minutes et comme trop souvent, je le concède, je ne fus plus maîtresse de rien. Allongée ventre à terre sur le sol du navire, je fermais les yeux et j’attendais. Mes paumes plaquées contre mes oreilles ne savaient empêcher mes tympans de subir l’assaut violent et répété des canons, pas plus qu’elles ne me dissimulaient la respiration saccadée de Gabriel, allongé juste à côté de moi, dans une position que je devinais similaire à la mienne malgré mes paupières closes. Cela sembla durer une éternité, et les canons sifflèrent à mon oreille longtemps après que le dernier d’entre eux se soit tu. Les tirs avaient cessé. J’ignorais pourquoi mais je n’osais pas, quoi qu’il en soit, me relever. Ce fut de force qu’on me redressa, qu’on me remit les pieds au sol. Des gardes royaux, féeriens ceux-là, avaient rejoint notre embarcation et l’un d’entre eux me maintenait fermement les bras, ignorant la moindre de mes tentatives pour me débattre. Mes yeux à nouveau ouverts balayèrent l’espace autour de moi, un autre garde tenait Gabriel en joux, quoi qu’avec plus de réticence que l’on en mettait à me figer, et beaucoup plus que celle dont un autre garde encore faisait preuve vis-à-vis de Nathaniel, qui avait fait glisser son épée sous son menton, la lame à plat contre sa gorge. L’ancien prisonnier ne se débattait pas. Il semblait seulement attendre. Son compagnon le plus fidèle – je parle bien sûr de son sourire – lui collait au visage avec une nonchalance que j’aurais presque été tentée de prendre pour de la naïveté. Son regard croisa le mien, je crus lire comme un message au creux de ses prunelles. Un quelque chose comme « Fais-moi confiance, tout se passera bien ». Ce en quoi je ne pouvais croire, ce en quoi je n’aurais jamais dû croire. Gabriel gardait, de son côté, la meilleure contenance possible, mais il était à la frontière des sanglots. Moi, j’espérais juste me sortir de là, et la passivité de Nathaniel était proche de me mettre en rogne. De même que celle de Latika et de ses frères, témoins de la scène, qu’aucun garde ne venait appréhender. Nous servions de monnaie d’échange, il était apparemment temps que nous fassions usage.

On nous fit descendre sur une misérable barque bancale. L’eau la traversait de toute part, et son froid glacé faisait naître des salves de frissons dans mon échine. La neige tombait toujours. Le rivage était clairsemé de poudreuse, et le froid s’intensifiait à mesure que nous quittions l’océan pour retrouver des terres qu’il me semblait avoir quittées il y a une éternité de cela. Je savais où nous allions. Je reconnaissais la route aux pavés désormais glacés, et les tours hérissées du château royal tranchaient impérieusement avec le ciel d’un blanc pur. Je tournai successivement mon regard vers Gabriel et Nathaniel, l’un semblait inquiet, l’autre impatient. C’était là, c’était maintenant. C’était sans doute le moment que Nathaniel avait attendu tout ce temps. Mais moi, je n’avais rien exigé de tel. Moi, je n’avais rien demandé de cela, et je ne voyais nulle matière à me réjouir. À mesure que nous approchions la demeure royale, je sentais de la colère sourdre en moi. C’était là que tout avait commencé. Je me rappelai cette nuit où Edgar m’avait surprise, prête à fuir, je me rappelai Anthony, ma robe de mariée à la main… les fiançailles de Gabriel et Anna, les yeux terribles, les crocs tranchants de la créature qu’elle était devenue quand elle avait voulu s’attaquer à moi… Je me rappelai ces quelques nuits passées dans le lit de Gabriel, à subir mon désintérêt pour lui comme il souffrait du mien. Tout, tout avait commencé ici. Tout se terminerait ici. Ou presque. En tout cas, tout se terminait dans la neige. Mais ça, vous le savez déjà.

– Laissez-nous seuls, ordonna la voix glacée du roi quand nous atteignîmes ce qui devait être son bureau.

Une tapisserie chargée de couleurs criardes décorait ces lieux autrement sobres. J’oubliais presque que les choses pouvaient être si colorées. Mais ça ne changeait rien. Bien vite, mon attention se focalisa sur l’homme aux yeux gris glacier qui nous faisait face, et toute couleur alentour sembla pour le moins s’estomper. Puis je pris conscience de la présence effacée de l’homme à côté de lui. Il était amaigri, son teint pâle presque transparent, ses yeux vitreux, mais c’était bien lui, Anthony était là, et il était en vie. Les gardes semblèrent hésiter, se regardaient, dubitatifs, proches de protester, mais ils abandonnèrent finalement toute tentative de révolte, même au nom de la protection de leur maître, quand retentirent comme un claquement de fouet les quelques mots suivants.
– Tout de suite.
Ils n’insistèrent pas davantage, quittant la pièce d’un même mouvement, refermant la porte derrière eux. Le silence qui s’ensuivit laissait tout de même deviner qu’ils n’étaient pas partis très loin.
– Après dix-neuf ans, tu n’as rien trouvé de moins grossier, comme plan, constata Edgar d’un ton qui semblait presque dépité.
Si Gabriel et moi n’avions pas bougé, à quelques mètres seulement du fugitif, le monarque ne semblait pas vraiment constater notre présence.
– La subtilité n’a jamais été mon rayon, tu le sais bien, tout le monde ne peut pas être aussi pernicieux que toi. Mais je crois que j’ai réussi mon coup.
– Tu n’as rien réussi du tout, répliqua sèchement Edgar. Je gagnerai cette guerre comme la précédente, et je serai un héros.
– Sans faire couler la moindre goutte de sang ? Sans déstabiliser l’équilibre de ton utopie de pacotille ? J’en doute fort. Admets-le, j’ai gagné. Tu n’es le héros de personne, tu ne l’as jamais été. Regarde autour de toi, tout le monde t’a tourné le dos, même ton propre fils.
La lueur que je découvris dans le regard d’Edgar fut alors terrifiante.
– Tu n’as plus rien, tu n’es plus rien, poursuivit Nathaniel, inarrêtable dans son propos. Aujourd’hui, c’est moi qui vais gagner. Dans quelques secondes, tu seras mort.
– Tu me connais si mal, encore… Son regard toisa un instant celui de son némésis, avant de finalement s’intéresser à nous, comme s’il venait à peine de constater notre présence. Gabriel, retourne à tes appartements, tu veux bien ? Et emmène Eleonore avec toi, tu en as assez fait, comme ça. Nous avons de vieilles histoires à régler, juste tous les trois.
– Non, répliqua le prince avec un remarquable aplomb.
Edgar poussa un soupir.
– Tu ne sais jamais être vaillant au bon moment, déplora-t-il. Va-t’en, je t’ai dit, ordonna-t-il plus sèchement, et tout sera pardonné.
– Il n’en est pas question.
Edgar nous regarda successivement, Gabriel et moi, puis, d’un ton empreint d’une profonde lassitude, il tira un pistolet de sa ceinture, et le pointa dans ma direction.
– Elle ne m’est plus d’aucune utilité, tu le sais, je n’hésiterai pas à tirer, alors fais ce que je t’ai dit, grandis un peu.
Je sentis Gabriel tressaillir, juste à côté de moi, mais il tint bon malgré tout, les poings serrés.
– Non, répéta-t-il alors, sûr de lui. Je crois qu’il n’avait jamais tant prononcé ce seul mot de toute sa vie.
– Tu l’auras voulu.
Tout se passa très vite… trop vite, les coups fusèrent en même temps, celui de son pistolet, celui de mon revolver, la vieille arme dont Anthony m’avait fait don dans une autre vie, qui avait tué la sorcière, qui avait escaladé des tours, traversé des océans, subi la chaleur étouffante du désert.

Par réflexe, j’ai tiré.
Lui aussi.

– Non !
Ce n’était pas la voix de Gabriel, cette fois, qui prononçait ce « non » fatidique, et pour cause, Gabriel ne dirait plus jamais « non », Gabriel ne dirait plus jamais rien. Anthony, comme enfin tiré de l’état de transe où on l’avait laissé jusqu’alors, se précipita vers Gabriel. Moi, je restais quelques secondes interdite, sonnée. Mon revolver encore brûlant s’écrasa au sol dans un bruit sourd. La balle qui m’était destinée avait creusé son nid entre les côtes du prince. Son regard, ce regard où je voyais la vie s’éteindre, était tourné vers moi tandis qu’Anthony cherchait désespérément à soigner avec rien une blessure trop profonde. Sa main était tendue vers moi, j’aurais dû la tenir avant qu’elle ne s’affaisse dans un dernier souffle, mais je n’ai pas bougé. J’en étais incapable.
Il n’y avait plus rien sinon les sanglots d’Anthony, le gargouillis ignoble du sang qui obstruait la bouche d’Edgar, étalé au sol lui aussi, à un mètre à peine.
Et le bruit sourd d’une porte que l’on ouvre avec fracas.


_________________


Will you join in our crusade? Do you hear the people sing?
Say, do you hear the distant drums?
It is the future that we bring when tomorrow comes...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Royaume du bout de l'océan
Messages : 801
Date d'inscription : 11/01/2015

Message#Sujet: Re: Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]   Ven 14 Juil - 21:11

Mon petit coeuuuur !!!!
Mais qu'est-ce que j'adore

_________________
La vengeance est un plat qui se mange froid.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Féeriens
Messages : 126
Date d'inscription : 06/08/2017

Message#Sujet: Re: Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]   Ven 8 Sep - 21:25


Chapitre XXII : Rouge sur fond blanc


« Ils vécurent heureux... »




L’un des gardes avait brusquement ouvert la porte, flanqué de deux de ses collègues. Il se précipita en direction d’Edgar en constatant que son corps maculé de sang, allongé au sol, ne bougeait plus, les autres voulurent se partager leurs adversaires, mais Nathaniel, comme à son habitude, fut rapide, très rapide. Peut-être trop. C’était là l’un des nombreux mystères qu’il ne me donnerait jamais le loisir de sonder… pour le peu de temps qu’il nous restait encore. Il était un combattant hors pair… Et si les gardes lui donnèrent un peu de fil à retordre, il parvint tout de même bien rapidement à reprendre le dessus sur eux. Moi, pendant ce temps, je ne bougeais pas. J’aurais pu l’aider, il restait encore trois balles à mon revolver, un pour chaque soldat royal, mais sous le choc, je ne savais esquisser aucun geste. Le sang de Gabriel se répandait à mes pieds, et Anthony, lui aussi, restait immobile, à chercher à ranimer encore le corps sans vie du prince. C’était un véritable carnage, les cadavres s’entassaient à présent dans un charnier confus duquel il était bien difficile de détourner le regard. Je ne sus d’ailleurs y parvenir qu’à l’instant où Nathaniel prit la parole. Mes yeux le détaillèrent un instant. Quelque chose avait changé, en lui. Une lueur dans ses prunelles, un quelque chose dans son sourire. Il ne me regardait pas, son attention était focalisée sur Anthony, sur l’épaule de laquelle il déposa une main que je parvenais à croire sincèrement bienveillante. Dans son autre main, tachée d’hémoglobine, il y avait la couronne sertie d’or qu’Edgar, il y a quelques instants encore, portait fièrement sur sa tête. Evidemment. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il avait obtenu gain de cause, cette couronne pourrait bien lui appartenir s’il le décidait.

– Ça ne sert plus à rien, dit-il avec dans la voix une douceur que j’avais bien du mal à lui reconnaître.
Anthony leva vers lui un regard embué de larmes, qui s’accompagna d’une grimace de dégoût quand il constata la présence de la couronne de Féerie dans la main vacante de l’ancien prisonnier.
– Tu dois être satisfait, pas vrai ? Tu as eu ce que tu voulais.
Nathaniel fit non de la tête, et ses yeux se posèrent une fraction de secondes sur moi. Un court instant peut-être, mais qui me donna le sentiment que l’on faisait voler dans ma direction une volée de poignards chauffés à blanc.
– Ce n’est pas ce que je voulais, affirma-t-il sèchement.
Anthony ne répliqua rien, se contenta de serrer la dépouille sans vie du prince contre lui, mais Nathaniel n’en avait visiblement pas fini.
– Qu’est-ce qu’il t’a fait ? demanda-t-il, très sérieusement.
Pour toute réponse, Anthony haussa les épaules.
– Quelle importance…
– Je suis désolé.
– Ça m’est égal.
Nathaniel poussa un léger soupir.
– Je vais m’en aller. Anthony daigna de nouveau adresser un regard à Nathaniel. N’oublie pas de me dénoncer, surtout.
Le serviteur du roi déchu fronça les sourcils.
– Qu’est-ce que tu….
– J’étais heureux de te revoir.
Et il déposa la couronne sur la chevelure hérissée d’Anthony. Puis il se redressa, récupéra le revolver abandonné au sol, s’approcha de moi, et me serra vivement le poignet.
– On y va, décréta-t-il sans, de toute évidence, attendre la moindre réponse de ma part.
– Lâche-moi, répliquai-je, ce qui n’eut le don que de renforcer plus encore sa prise.
Anthony abandonna Gabriel et se redressa, il tenait difficilement sur ses jambes. Il esquissa un mouvement pour s’approcher, nous séparer, sans doute. Mais Nathaniel pointa vivement le revolver dans sa direction.
– Ça ne te regarde plus.
Anthony jeta dans ma direction un regard humide et désemparé. Puis il sembla comme se résigner, et se contenta de quelques mots à l’adresse de Nathaniel.
– Salue bien Dorian de ma part.
Le sourire de Nathaniel s’agrandit.
– Je n’y manquerai pas.

Sans dire un mot de plus, il me traîna hors de la pièce. Je cherchais à me débattre, à me défaire de son emprise, mais plus je luttais, plus ses doigts fins se serraient autour de mon poignet, me broyaient presque les os. Il me fit traverser couloirs et escaliers, même quelques passages secrets desquels je n’avais jamais eu connaissance durant mon court séjour entre ces murs. Nathaniel donnait le sentiment de connaître le château comme sa poche, si bien qu’il nous permit de quitter ces lieux sans croiser âme qui vive. Il ne s’arrêta dans sa course que lorsque nous atteignîmes le grand jardin qui bordait l’arrière de la bâtisse. Le temps s’était détérioré encore. La neige tombait plus abondamment et une brume épaisse absorbait les contours de la forêt et du château, au point qu’il n’y avait plus que du blanc. Blancs la neige et l’espace, crayeux l’horizon, cotonneux le ciel. Il n’y avait plus que le blanc. Et Nathaniel et moi. Nathaniel qui, enfin, me lâcha le poignet, où s’était imprimée une marque rouge-violacée et profonde.

– A quoi tu joues, exactement ? lui demandai-je alors sans trop savoir quelle réponse je pouvais bien attendre de sa part, ni quelles étaient toutes les implications de cette question. Je ne comprenais pas son attitude, ni ne devinait ce qu’il comptait faire à présent.
– Et toi ? me demanda-t-il en plantant son regard dans le mien. A quoi tu joues, tu peux me le dire ?
– Je ne comprends pas…
– Tu as tué Edgar, répliqua-t-il, amer.
– Je… j’avais pas le choix… et puis, c’est quoi le problème, c’était bien ce que tu voulais non ?
Le sourire de Nathaniel se transforma en rictus tout sauf engageant.
– Non, ce n’est pas ce que je voulais.
Il se rapprocha d’un pas, je voulus me reculer, mais mes pieds demeuraient figés au sol, glacés par la neige ? Non, mais il aurait été plus confortable de le croire.
– Dix-neuf ans… j’ai attendu dix-neuf ans… pour ça… Tu me l’as volé, tu m’as tout volé.
Son regard était fou, terrifiant, d’autant plus effrayant que, par je ne savais quel miracle, il souriait toujours.
– J’ai cru en toi, je t’ai appris, et tout s’est…
– Peut-être que tu ne méritais pas de réussir comme tu le voulais, parvins-je finalement à le défier.
En me regardant toujours, son sourire s’adoucit. Il s’approcha encore, passa une main dans mes cheveux. Mon sang se glaçait tandis que mon cœur tambourinait contre ma poitrine.
– Tu restes ma plus belle création.

Quand bien même j’aurais su quoi répondre, je n’aurais rien pu répliquer, car l’instant d’après, ses lèvres étaient posées sur les miennes. Et moi, je ne bougeais pas, les bras ballants, incapable de comprendre ce qui se passait. Mon esprit se glaça à son tour, sous l’empire de ses lèvres, du moins jusqu’à ce que le froid de sa dague me transperce le cœur. Mes esprits bien retrouvés, cette fois, je me reculai d’un pas. Il laissa faire, impassible – mais toujours souriant – essuyant d’un revers de manche le sang qui avait coulé le long de son menton, ce même sang qui m’obstruait la gorge et s’en échappait de temps à autre par reflux ignobles. Alors je tombai, genoux à terre, Nathaniel, comme lassé du spectacle, jeta le revolver sur la neige juste devant moi… Puis il me tourna le dos, avança de plusieurs pas…

– Nathaniel !
Mon cri, un son creux et rauque. Les larmes m’obstruaient les yeux et le visage, la douleur était insoutenable, elle se répandait depuis mon cœur jusque dans toutes les extrémités de mon corps, tâtonner dans la neige, serrer le revolver dans ma main tremblante, était une épreuve.

Mais je le fis.




_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Féeriens
Messages : 126
Date d'inscription : 06/08/2017

Message#Sujet: Re: Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]   Ven 8 Sep - 21:25


Epilogue



Elle l’observait, bleutée, transparente, flâner entre les tombes comme elle danserait avec de vieux amis. Après la guerre, Orianne, comme beaucoup d’autres, avait décidé de traverser l’océan, de le retraverser dans son cas. Ces étendues infinies de sépultures restaient son élément, elle s’y était établie. Parmi ses anciens amis… elle ne les quittait plus. La jeune femme détourna finalement le regard du fantôme et déposa avec douceur le bouquet de fleurs sur la pierre gravée au nom d’Emma.

Elle la fixa longuement, sans dire un mot. Elle avait toujours trouvé idiot de s’adresser aux sépultures, comme si quelqu’un pouvait entendre quoi que ce soit. Elle demeura ainsi plusieurs secondes, plongée dans ses pensées, quand on l’appela. Elle tourna la tête et répondit au signe que lui adressaient Gorav et Latika. Main dans la main, ils honoraient la mémoire des frères de cette dernière, tous enterrés là. Ils n’avaient pas survécu.

La guerre n’avait pas épargné grand-monde, à vrai dire, elle avait été longue et sanglante, et Féerie tout comme le royaume du bout de l’océan en éprouvaient encore les stigmates. Mais l’issue en avait été assez heureuse, au final… Les deux royaumes se reconstruisaient une nouvelle fois, en phase avec leur histoire, à présent. Minati, la fille du sultan, avait repris les rênes du royaume après le décès de son père et, contre toute attente, ou parce qu’elle était bien conseillée, elle faisait un bien meilleur travail que son prédécesseur. Par ailleurs, elle collaborait en bonne entente avec le roi de Féerie. Rien n’était jamais acquis, elle le savait bien. La vie était un combat constant. Mais l’heure était à la trêve. Elle s’avança vers le couple, leur adressa un sourire.

-Nous n’avons pas beaucoup de temps, il ne va pas tarder à arriver…

La jeune femme se contenta de hocher la tête avant de faire route avec eux jusqu’au palais.

Son sari rouge et doré contrastait avec sa peau diaphane. La tenue cérémonielle jurait avec son teint naturel, mais elle s’y était habituée. Fébrile, elle attendait à présent. Le roi n’allait pas tarder. Elle guettait toujours chacune de ses visites avec une grande joie. Et elle patientait, toujours, à l’écart des mondanités, jusqu’au moment où il trouverait du temps à lui consacrer. Il en trouvait toujours. Cette fois ne fit pas exception. L’homme passa le pas de la porte, elle l’accueillit avec un grand sourire, il le lui rendit. Elle ne dit rien. Il n’y avait rien à dire.

Daphnée se précipita dans les bras d’Anthony.



_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Féeriens
Messages : 87
Date d'inscription : 06/08/2017

Message#Sujet: Re: Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]   Ven 8 Sep - 21:47



Voilà ça résume un peu
C'est tellement génial ! J'adore trop. C'est triste que ça soit fini !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Féeriens
Messages : 126
Date d'inscription : 06/08/2017

Message#Sujet: Re: Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]   Ven 8 Sep - 21:50


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

Message#Sujet: Re: Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Fiction - Les ailes arrachées [partie 2]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
 Sujets similaires
-
» Ce ne sont que les ailes d'un ange que l'on a si facilement arrachées | Victoire
» Partie de plaisir
» L'heraldique des blasons - Partie 1
» Habs vs Bruins (partie 6)
» Merom Hellren, Ailes sanglantes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Feerie Tales :: En dehors du jeu... :: Quelques créations diverses-