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 La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)

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Message#Sujet: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Lun 12 Sep - 15:25

Illusion... le prince de Féerie avait voulu ignorer jusqu'au sens de ce mot toute sa vie, et jusqu'à il y a peu, il y était parvenu sans trop de mal.

..Mais à présent, ce mot faisait partie de son quotidien, tout autour de lui semblait d'une rare fausseté, il n'existait plus rien à quoi il puisse trouver véritablement d'écho réaliste dans ses actes et dans ce monde.

Tout ce qu'il avait cru savoir de sa vie, il se sentait obligé de le remettre en cause. Et il avait ses raisons. Les barreaux de sa prison dorée s'écartaient peu à peu, lui donnant un aperçu de ce qu'était la vie... et c'était loin de lui plaire.

Voilà que, éloigné de la femme qu'il aimait, il devait se contenter d'une femme d'emprunt. Il était marié à un mensonge. Et plus le temps passait, plus il en apprenait sur Anna, sur son père, sur le sort qu'avait connu Eleonore... plus il se demandait si rien de ce qu'il avait cru vrai jusqu'alors n'était vrai. Avait-on jamais dit une seule parole juste à son adresse ?

À qui pouvait-il faire encore confiance ? À son père ? Oh, ça, il était évident que non. À présent, il songeait même à le trahir, en taisant ce qu'il savait, il mettait ses jours en danger. Alors non. À sa mère ? Elle avait toujours été du côté de son mari, pensez-vous. À Anthony, peut-être ? ... Oui, mais c'était compliqué. Même de l'"autre côté", il n'avait pas confiance en grand-monde, à commencer par ce Nathaniel (mais au moins, lui, avait le mérite de parler franchement de ce que les autres murmuraient tout bas). Il n'y avait qu'en Eleonore qu'il croyait sans crainte et certain de ce qu'il faisait.

Alors, ce soir-là, il avait l'intention de quitter le château une nouvelle fois et de rechercher les rebelles, encore. Il ne pourrait plus demeurer ainsi, sans cesse balloté entre deux mondes contradictoires. L'heure du choix était peut-être venue.

Profitant du fait qu'Anna soit en visite chez ses parents, l'enfant unique des Basiel quitta la chambre, et s'apprêtait à se rendre dans la forêt. Il était sur le point de rejoindre le plus discrètement possible les écuries, en passant par les jardins du château, quand il aperçut un mouvement.

Gabriel se figea. Il reconnaissait la personne qu'il approchait. Il aurait pu faire mine de ne pas la voir mais il n'en avait pas l'intention. Il avait peut-être plus besoin de parler que de se lancer à corps perdu dans une entreprise dont il ne devinait pas lui-même l'aboutissement.


"Adélaïde, je suis heureux de te revoir ! Que viens-tu faire ici ?"
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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Mer 21 Sep - 16:13

La solitude cherche la compagnie
   
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Adélaïde soupira et regarda les rayons du soleil filtrer par la fenêtre de sa chambre. C’était une belle journée, ensoleillée comme elle les aimait. C’était toujours une occasion pour se promener dans la nature ou même dans la ville. C’était toujours agréable, cependant ce n’était pas aussi simple quand elle avait ses parents sur le dos. Enfin sur le dos… c’était une façon de voir les choses. En vérité, ils lui avaient juste dit de ne pas sortir parce que… parce qu’elle ne se souvenait même plus de leurs raisons mais elles étaient totalement futiles et infondées. Elle commençait à croire qu’ils faisaient tout pour la contrarier et la contredire. Pour cela, il en fallait bien peu, malheureusement.

Cependant, elle n’acceptait pas vraiment, voire pas du tout de devoir rester cloitrée ici à ne rien faire juste parce qu’on l’avait décidé ainsi. Elle n’avait pas à obéir au doigt et à l’œil, et surtout pas dans ces conditions. Décidée elle se lève et s’arrange un peu. Elle sort de sa chambre puis elle sort du domaine en prenant les passages les moins fréquentées afin d’être certaine qu’on ne l’embête pas et qu’on ne l’empêche pas de sortir. Elle se met ensuite en route, elle ne réfléchit pas vraiment longtemps avant de décider de se rendre au château. C’était presque sa seconde maison là bas.

Elle marche tranquillement, elle ne rechignait jamais à ça, à vrai dire elle appréciait marcher. Certains préféraient de loin l’utilisation de chevaux ou de carrioles mais elle n’en voyait pas vraiment l’utilité, elle pouvait très bien se déplacer toute seule. Au bout d’un petit moment elle voit l’imposante bâtisse dans son champ de vision. Elle accélère un peu le pas sans vraiment s’en rendre compte. On la laisse entrer mais on lui annonce que la princesse Eléonore n’est pas là. Elle est un peu déçue mais cela ne fait rien. Elle décide donc d’aller faire un tour dans les jardins. Le château avait la chance d’en posséder de magnifiques. C’était un lieu adéquat pour observer la faune et la flore tout en étant au calme. Elle aurait aimé qu’il y en ait d’aussi beaux chez elle. Bien qu’elle ait la forêt près de chez elle, mais sa famille n’appréciait pas vraiment qu’elle aille faire des escapades en forêt. Concentrée et prise dans sa contemplation, elle ne remarque pas que quelqu’un se rapproche d’elle.

"Adélaïde, je suis heureux de te revoir ! Que viens-tu faire ici ?"


Elle a un léger sursaut puis elle tourne la tête vers lui et sourit sincèrement en reconnaissant le prince. Elle lui fait une légère révérence, même s’ils étaient amis, il était tout de même le prince de Féerie. Elle lui devait le respect et certaines formalités.

« Moi aussi je suis heureuse de te voir. Hm, disons que je me suis échappée de chez moi temporairement en quelque sorte. »

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Jeu 22 Sep - 15:27

Adélaïde tourna son regard vers lui et lui rendit son sourire. C'était agréable que de voir ainsi fleurir un sourire doux et honnête, dénué de toute mauvaise intention, sur le visage de quelqu'un (bon, peut-être avait elle de mauvaises intentions, mais il n'osait croire une chose pareille - malgré toute sa défiance nouvelle, il restait des personnes dans lesquelles il avait aveuglément confiance).

Au château, tout le monde lui semblait faux, et les sourires n'étaient là que pour dissimuler des intentions cruelles, des pensées néfastes, ou pour le rassurer, une bienveillance qu'il n'appréciait pas pour autant.

Il ne s'en formalisa pas, le remarqua à peine quand elle s'inclina devant lui. C'était une habitude, et personne n'y contrevenait jamais... même s'il n'était pas forcément question de hiérarchie entre eux.

Il n'avait pas prévu sa présence au programme, mais il en était heureux, il n'avait pas eu besoin de le prétendre, comme il avait trop souvent tendance à mentir et prétendre, dernièrement. Il remettrait ses projets à plus tard, pas pour le temps, mais au moins celui de passer du temps en compagnie amie. Ce genre de compagnies étaient si rares, maintenant !


« Moi aussi je suis heureuse de te voir. Hm, disons que je me suis échappée de chez moi temporairement en quelque sorte. »


S'échapper... Il n'était donc pas le seul à rêver d'évasion, à avoir besoin de quitter son milieu clos pour d'autres horizons, même si, quitte à s'échapper de chez soi, Gabriel aurait clairement choisi une autre destination s'il avait été à la place d'Adélaïde.

Mais il n'était pas à sa place, il ne savait pas quelles étaient ses raisons, et elle ne pouvait pas deviner tout ce qui se tramait dans son esprit. S'il la considérait comme une confidente et parlait beaucoup avec elle, il restait des sujets qu'il ne s'imaginait pas aborder, d'autant plus qu'Adélaïde était de connivence avec Anna. Enfin...


"Échappée ? Tu avais juste besoin de prendre l'air, ou..."


Ou il y avait autre chose ? La vie avait fini par rendre le prince de Féerie totalement paranoïaque. Et souvent à juste titre, malheureusement.

Il se pouvait que la jeune femme ait simplement voulu se rendre ici pour échapper temporairement à l'ambiance qui régnait chez elle sans que cette dernière soit aussi désagréable et révulsante que ces relents de moisissures qui empestaient le château de Féerie aux yeux du prince.

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Mer 5 Oct - 14:09

La solitude cherche la compagnie
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Cela faisait vraiment plaisir à la jeune femme de croiser le prince. Elle appréciait partager quelques moments en sa compagnie, parler de tout et de rien, parfois se confier un. Ce genre de choses. Certes, ils ne pouvaient pas se voir très souvent mais ils arrivaient tout de même à s’accorder quelques moments sans que cela soit forcément prévu, comme en ce moment même. Au moins, elle n’était pas venue pour rien. Cela égaierait un peu sa journée bien morne qui avait débutée chez elle. C’était déjà ça. Elle ne savait pas vraiment s’il avait le temps pour discuter en fin de compte, peut être était il attendu ou avait il des obligations mais elle ne l’espérait pas. Ou du moins, elle serait un peu déçue s’il devait partir. Mais elle comprenait qu’il ne pouvait pas toujours faire ce qu’il voulait ou encore plus ce qu’elle voulait.

"Échappée ? Tu avais juste besoin de prendre l'air, ou..."

Elle le regarde un peu surprise, se demandant s’il insinuait quelque chose en particulier. Ses parents qualifieraient sûrement cela d’un caprice. Peut être était ce vraiment le cas, elle ne savait pas trop et à dire vrai elle se fichait un peu de mettre un mot sur son comportement. Elle n’avait juste pas envie de rester là bas en compagnie de gens qu’elle comprenait de moins en moins et qui ne la comprenaient pas du tout et qu’elle devait qualifier de parents. Oh, sa situation n’était sûrement pas à plaindre comparée à d’autres et elle ne voulait pas du tout donner l’impression d’une petite fille odieuse et pourrie gâtée, ce n’était pas vraiment le cas, pas du tout. Mais comme tout le monde, elle avait quelques désagréments, quand elle prenait un certain recul, elle se disait qu’au final ce n’était pas grand chose et qu’elle n’avait pas vraiment de raison valable de se plaindre.

« Oh, j’ai juste voulu prendre un peu l’air plutôt que laisser à mes parents une énième opportunité de me réprimander pour je ne sais quoi. »

Elle le fixe un peu, le scrutant sans pour autant vouloir paraître mal élevée, mais elle trouvait qu’il y avait quelque chose d’anormal chez lui, comme s’il était en proie au tourment. Devait-elle jouer les curieuses ou bien se taire ? Après tout, elle était son amie, n’était ce pas son rôle de s’enquérir de son état ? Et puis si elle était indiscrète il pouvait très bien refuser de répondre après tout.

« Est-ce que tu vas bien ? Tu as l’air préoccupé par quelque chose. »

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Ven 7 Oct - 11:46



« Oh, j’ai juste voulu prendre un peu l’air plutôt que laisser à mes parents une énième opportunité de me réprimander pour je ne sais quoi. »


Le prince adressa un léger sourire, emprunt de compréhension, à son interlocutrice. Gabriel comprenait bien que, au sein du foyer de son amie, l'ambiance était oppressante, la pression familiale grande et les injustices élevées. Comme quoi, ça devait être une habitude dans les plus hautes sphères de la société... Mais Gabriel et Adélaïde ne semblaient pas taillés pour cela.

C'était ce qui les avaient reproché en premier lieu, sans doute, cette envie de voir au-delà, ce souci de fuite en avant. Qu'il soit justifié ou pas n'était pas question, ils ne savaient pas se satisfaire de ce qu'ils avaient (même si Gabriel s'était aveuglé très longtemps pour sa part), ils cherchaient autre chose. Quelque chose de plus conforme à leurs aspirations, peut-être.

En tout cas, il ne pouvait que comprendre l'attitude d'Adélaïde, surtout qu'au moment où la jeune femme fuyait donc un temps sa famille, Gabriel s'apprêtait à fausser compagnie à la sienne... même si ses plans avaient changé, à présent, maintenant qu'il avait croisé la route de son amie.


« Est-ce que tu vas bien ? Tu as l’air préoccupé par quelque chose. »


Le sourire de Gabriel disparut légèrement, il aurait aimé que son tracas ne se lise pas autant sur son visage, mais c'était sûrement peine perdue. Le jeune homme le savait, il n'avait jamais été bon acteur, il n'avait jamais su dissimuler ses émotions... tout simplement parce qu'il n'avait pas eu besoin de le faire, durant longtemps. À part pour de menus mensonges, très innocents, et qui étaient vite découverts.

Non, tout n'allait pas bien, rien n'allait bien depuis bien longtemps, et ce qui le préoccupait dépassait de loin les soucis qu'il pensait pouvoir se faire un jour. Il poussa un léger soupir. S'il y avait bien une personne en qui  il avait confiance (outre Eleonore et Anthony... et encore, dans le cas de ce dernier, cela se discutait, et ils étaient de toute façon tous les deux trop impliqués dans cette affaire), c'était elle. Ce n'était pas pour rien qu'il la considérait comme sa confidente. Le souci, c'était que Gabriel la savait proche aussi d'Anna, et que son épouse était directement concernée par ce qui le préoccupait à ce jour.

"On peut dire ça comme ça, oui."
admit-il dans un soupir.

Ça ne servait à rien de mentir, oui, il était préoccupé. De toute façon, il ne voulait pas mentir, il refusait d'être comme son père.


"Je crois que je sais maintenant quel est le vrai visage de mon père..."
dit-il, appréciant d'en parler sans pour autant se permettre de donner de trop nombreuses précisions. "... et je n'aime pas ça du tout..."
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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Lun 16 Jan - 20:23

La solitude cherche la compagnie
 
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
"On peut dire ça comme ça, oui."

Elle se mordille légèrement la lèvre. C’était toujours délicat quand quelqu’un était préoccupé par quelque chose et qu’il avait du mal à en parler. C’est sûr que c’était toujours un peu difficile de parler de ce genre de choses, du moins, cela dépendait peut-être avec qui. Elle savait Gabriel bien entouré par sa famille mais cela ne voulait pas forcément dire qu’il pouvait parler tout librement avec eux. Elle ne savait pas trop si elle devait insister ou non, elle n’avait pas non plus envie de le mettre mal à l’aise, qu’il se renfrogne ou qu’il se vexe, mais cela lui faisait de la peine de le voir comme ça. Après tout il était son ami.

« Tu sais, si tu veux parler, je sais tenir ma langue. »

Elle sourit légèrement, sincère. Elle ne dirait jamais rien à personne qui pourrait le mettre dans une situation délicate, ce n’était pas le rôle d’une amie. Que cela soit à qui que ce soit. Elle savait tenir différentes conversations privées, et encore heureux. Elle ne voulait pas que les gens la croient indignes de confiance. Elle n’avait jusqu’à ce jour, jamais rien gaffé à quiconque. Elle ne trouvait pas cela très difficile, elle savait faire la part des choses et ne voulait pas créer des histoires inutiles. Surtout si cela ne la concernait pas et encore moins si cela mettait en jeu deux personnes qu’elle appréciait tout autant.

"Je crois que je sais maintenant quel est le vrai visage de mon père..."

Elle le regarde un peu surprise. Elle ne s’attendait pas vraiment à cela. Il avait toujours eu avoir l’air de plutôt bien s’entendre avec ses parents. Enfin, après elle ne vivait pas avec eux alors elle ne pouvait pas non plus trop se permettre de juger les situations. Surtout vu celle qu’elle avait avec ses propres parents.

"... et je n'aime pas ça du tout..."

A vrai dire, elle n’avait jamais vraiment porté le roi dans son cœur. Pas qu’elle le déteste mais il lui avait toujours fait un peu peur. Il y avait quelque chose chez lui qu’elle trouvait d’intimidant, outre son statut de roi et de très dérangeant. Cependant, il était le roi alors elle se passait bien de faire tout commentaire qui aurait pu la mettre dans une situation plus que fâcheuse.

« Ah… C’est… Grave ? »

Elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui donne des détails mais, juste pour essayer de s’imaginer l’ampleur de la chose.

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Ven 20 Jan - 13:36



« Tu sais, si tu veux parler, je sais tenir ma langue. »


Gabriel répondit au sourire d'Adélaïde par un autre sourire. Il n'avait aucun doute là-dessus, il en était sûr et certain. Ou du moins, il avait appris à faire confiance à la jeune femme avec le temps. Pour le nombre de fois où il s'était confié à elle, que ce soit sur des informations en soi sans importantes mais qui lui tenaient à coeur ou pour des choses un peu plus graves, elle avait toujours tenu sa langue, en effet. Il ne pensait pas qu'elle déroge à la règle cette fois encore.

Mais là, c'était quand même un peu plus particulier, jamais il n'avait porté de secret aussi lourd et douloureux auparavant, jamais il n'avait eu un tel poids sur ses épaules, et s'il décidait de se confier, ce n'était pas seulement lui qui pourrait en faire les frais. Il y avait tant d'autres personnes à prendre en considération. Des personnes qu'il pourrait mettre directement en danger, et en danger de mort, même : Eleonore, Anthony... Des personnes qui importaient plus que tout, pour lui, en plus.

Enfin, il pouvait se confier sans lâcher aucun nom, après tout. Ce qui lui importait, surtout, c'était de parler un peu, d'exorciser quelques uns de ses démons. Et puis, ce ne serait pas un mal d'avoir un point de vue extérieur sur la situation. Sur SA situation. Adélaïde n'appartenait pas à la résistance, elle n'était pas non plus au fait des manigances du roi. Il pensait donc s'adresser à la personne la plus objective qu'il connaissait. Même si le fait qu'il soit de connivence avec Anna ne l'invitait pas non plus à tout lui dire. Il y avait des choses qu'il préférait ne pas répéter à son interlocutrice. Pour être sûr.

« Ah… C’est… Grave ? »


Gabriel hocha la tête. Il se doutait que le ton qu'il avait employé, les mots qu'il avait utilisés, fournissaient dors et déjà un bon indice à la jeune femme de ce qu'il pensait de la situation, de la manière dont il l'appréhendait.

Oui, c'était grave. À ses yeux, en tout cas, ça l'était. Vraiment très grave. Il y avait des vies en jeux, des duels de pouvoirs, des manipulations à n'en plus finir, de véritables erreurs, d'ignobles horreurs, des secrets à n'en plus finir, au point que Gabriel ne savait plus quoi croire ni à qui se fier réellement.

"Très grave"
, admit-il d'un ton particulièrement sérieux, réellement. "Je peux pas tout t'expliquer en détails, ce serait aussi dangereux pour toi que pour moi, et je suis même pas sûr de tout comprendre moi-même. Mais..." Il prit une grande inspiration. "Il a fait du mal... à beaucoup de personnes. Il a bâti son empire sur le sang, sur les mensonges." Il baissa les yeux. "Je ne veux pas être tributaire d'un tel héritage."
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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Mer 29 Mar - 21:01

La solitude cherche la compagnie
 
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Adélaïde avait bien pris conscience que la situation semblait compliquée pour son ami et elle espérait sincèrement qu’elle pourrait lui être d’une aide quelconque. Peu importe ce dont il aurait besoin, elle voulait pouvoir lui être utile. Il n’était pas son ami pour rien et elle était une amie très fidèle. En toute situation. Et puis, Gabriel était vraiment quelqu’un qui lui était cher et cela l’embêtait vraiment de voir autant de confusion et presque de détresse dans son regard bleuté. Elle le connaissait plus souriant et pétillant. Elle n’avait dont pu s’empêcher de demander si cela avait une gravité conséquente.

"Très grave"

Même si la réponse de son jeune ami ne l’étonnait qu’à moitié, elle ne pouvait s’empêcher d’être un peu sceptique. Elle se demandait bien ce qui pouvait être aussi grave… Peut-être que cela impliquait le royaume tout entier. Après tout il était prince héritier du trône de Feerie. Cela se tenait mais autant attendre d’avoir plus d’éclaircissements sur le sujet. Mais elle ne voulait pas non plus le brusquer et comprendrait tout à fait qu’il ne désire pas s’exprimer en détail sur ce qu’il considérait comme d’une telle importance. Il restait libre de décider.

"Je peux pas tout t'expliquer en détails, ce serait aussi dangereux pour toi que pour moi, et je suis même pas sûr de tout comprendre moi-même. Mais..."

Cela ne s’arrangeait pas vraiment. Si cela s’avérait rendre leur sécurité remise en cause, c’est que c’était vraiment de taille, et cela n’était pas fait pour la rassurer. Bien au contraire. De plus, cela semblait effectivement avoir un rapport avec le royaume si cela impliquait autant d’insécurité. Elle ne fait pas de commentaires pour le moment, en vérité, elle ne savait pas trop quoi lu dire. Elle ne voulait pas se montrer trop indiscrète ou intrusive. Surtout qu’elle ne savait pas vraiment de quoi il en retournait. Elle n’était pas trop sûre de vouloir savoir malgré sa pointe de curiosité. Elle se contente d’attendre calmement qu’il veuille bien ou non lui donner des informations supplémentaires.

"Il a fait du mal... à beaucoup de personnes. Il a bâti son empire sur le sang, sur les mensonges."

Elle se mordille la lèvre. Elle comprenait bien de qui il parlait même s’il ne donnait pas de nom. Du roi évidemment. Autant dire qu’Adélaïde ne l’avait jamais vraiment porter dans son cœur. Il lui avait toujours fait peur sans qu’elle puisse vraiment en déterminer son origine. Il n’empêche que se retrouver seule dans une pièce avec lui, lui donnait froid dans le dos.

"Je ne veux pas être tributaire d'un tel héritage."

Elle soupire doucement. Elle le comprenait, évidemment. Mais il ne regardait pas les choses sous le bon côté. Le fait est qu’il pouvait remédier à cela. Certes, elle ne connaissait pas les détails mais cela ne faisait rien. Malgré les circonstances accablantes, Gabriel avait le pouvoir d’y remédier.

« Je comprends ton ressenti. A dire vrai, il m’a toujours effrayée mais… Tu peux changer tout ce qu’il a fondé. Le faire à ta façon. Je sais que c’est facile à dire mais… J’ai foi en toi. Je sais que tu es capable de faire de grandes choses et d’éclaircir ce sombre et effrayant tableau. »


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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Ven 14 Avr - 14:34



"Je comprends ton ressenti. A dire vrai, il m’a toujours effrayée mais… "


Gabriel ne dit rien en entendant ces propos. Adélaïde ne lui avait jamais parlé de tout ça, du fait qu'Edgar Basiel l'avait toujours effrayée. Il se sentait presque déçu qu'elle ne lui ait jamais parlé de cela, mais en vérité, il comprenait. Si à une certaine époque, elle lui aurait fait part du fond de sa pensée, il n'aurait sans doute pas compris.

Quand beaucoup s'étaient semble-t-il rendu compte depuis bien longtemps des tares de son père, lui, s'il était intimidé, avait laissé l'admiration prendre le pas sur la crainte ou quelque autre sentiment équivalent.

Ce n'était dans tous les cas pas plus mal, après tout. Si Adélaïde avait eu besoin d'être convaincue de la face obscure de son père, ils auraient perdu beaucoup de temps, et Gabriel n'avait pas envie de convaincre son amie, il avait juste envie de se confier. Même si se confier était peut-être un peu fort, comme mot, parce qu'en définitive, le prince n'avouait pas grand-chose à son interlocutrice, il se contentait de partager ses émotions dans leur ensemble sans aller plus loin pour autant.

"Tu peux changer tout ce qu’il a fondé. Le faire à ta façon. Je sais que c’est facile à dire mais… J’ai foi en toi. Je sais que tu es capable de faire de grandes choses et d’éclaircir ce sombre et effrayant tableau."


Gabriel esquissa un léger sourire. Ces propos lui faisaient penser à ceux qu'Anthony lui avait adressé aussi. Et il aimerait bien y croire, mais il avait le sentiment que l'on croyait bien trop en lui, là où il se sentait pour sa part complètement impuissant. Il ne se pensait pas capable de réussir quoi que ce soit. Il avait été éduqué pour être roi, certes, mais comment être sûr de réussir à judicieusement succéder à son père ? Comment être sûr qu'on le laisserait seulement monter sur le trône.

"Je ne sais pas... Je vais faire mon possible mais... Je ne suis pas convaincu d'avoir l'influence nécessaire."
Il marqua une légère pause. "Je sais que les choses vont changer bientôt. Mais je ne suis pas sûr que ce soit à mon avantage."

Mais ce ne serait pas forcément à l'avantage de son père non plus. Il le savait, c'était une réflexion à laquelle il se raccrochait pour aborder la suite avec optimisme. Un optimisme mis à l'épreuve par les aléas de la vie.

"Mais je compte faire mon possible, en tout cas. Au moins, grâce à toi, je me sens un peu soutenu, maintenant."


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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Lun 29 Mai - 22:38

La solitude cherche la compagnie
 
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Adélaïde n’était pas habituée à tenir des conversations aussi sérieuses avec le jeune prince mais cela ne la dérangeait pas au contraire. Après tout, ils avaient pour habitude de se confier l’un à l’autre alors ce n’était pas si différent. D’autant plus qu’elle tenait vraiment à aider Gabriel à se sentir mieux. C’était pour elle une nécessité. Après tout, les amis servaient à ça non ? Et puis, elle n’aimait pas le voir aussi soucieux et préoccupé, même si elle se doutait qu’avec son rang et sa position, c’était normal d’avoir des inquiétudes. Après tout, ils étaient tous deux adultes et non plus des enfants.

"Je ne sais pas... Je vais faire mon possible mais... Je ne suis pas convaincu d'avoir l'influence nécessaire."

Elle se mordille légèrement la lèvre. Elle trouvait cela dommage que son ami doute autant de lui et de ses capacités. D’autant plus qu’elle le trouvait tout à fait capable de prendre la suite de son père. Gabriel ne devrait pas avoir ce genre de pensées mais elle ne pouvait pas faire grand-chose pour changer cela à part peut-être le rassurer. Mais elle pouvait comprendre. Edgar n’était pas un homme que l’on croisait à tous les coins de rue, c’est sûr que passer après lui avait de quoi angoisser mais elle avait confiance en Gabriel.

« Ne dis pas cela. Tu es tout à fait capable. Je suis sûre qu’au fond de toi tu le sais déjà. Tu es quelqu’un de bien qui est destiné à faire de grandes choses. »

Elle lui sourit sincèrement. Elle n’avait jamais été fausse avec Gabriel de toute façon et lui avait toujours dit ce qu’elle pensait. Il était un de ses plus chers amis et elle se devait d’être sincère avec lui.

"Je sais que les choses vont changer bientôt. Mais je ne suis pas sûr que ce soit à mon avantage."

Cela semblait inquiétant. Elle ne connaissait rien des détails ou des sources qui menaient Gabriel à penser de la sorte mais elle se doutait que c’était important. Bien sûr, il était normal qu’elle ne soit pas mise au courant. Malgré sa curiosité, elle savait que certaines choses ne la regardaient pas, et concernait la famille royale. Elle ne s’en formalisait pas que Gabriel ne lui dise pas tout. Elle trouvait cela normal et logique. Aussi elle ne comptait pas le questionner pour le faire parler.

"Mais je compte faire mon possible, en tout cas. Au moins, grâce à toi, je me sens un peu soutenu, maintenant."

Elle hoche doucement la tête.

« Je suis heureuse que tu vois les choses d’une façon un peu plus lumineuse. Et puis je suis là pour ça, tu sais bien que je serai toujours de ton côté quoiqu’il se passe. Tu peux compter sur moi. Cela ne changera jamais. »

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Jeu 1 Juin - 12:28


« Ne dis pas cela. Tu es tout à fait capable. Je suis sûre qu’au fond de toi tu le sais déjà. Tu es quelqu’un de bien qui est destiné à faire de grandes choses. »

C'était le genre d'encouragements qu'il entendait souvent, dernièrement. Anthony lui avait assuré qu'il ferait un parfait monarque, Eleonore aussi... même Nathaniel lui avait sorti le même baratin (mais dans son cas, elle savait que ce n'était qu'un mensonge). Tout ça, ça aurait dû le faire réfléchir ou le convaincre, mais ce n'était pas le cas. Il considérait toujours qu'il était trop... faible, pour gouverner. Et que de toute façon, personne ne voudrait de lui comme roi.

Il aurait pu tirer de l'orgueil de tous ces compliments, oui, mais ce n'était pas le cas, parce qu'il les rejetait en bloc à chaque fois. Il refusait de voir ce que les autres voyaient en lui. Il se considérait comme un moins que rien. Et il lui en faudrait sans doute beaucoup encore pour qu'il finisse par succomber au syndrome de Narcisse.

Il n'était même pas sûr d'être quelqu'un de bien, en fin de compte. Pas sûr du tout. Il avait laissé faire tant de choses horribles... Certes, il ne savait pas tout ça, mais s'il n'avait rien su, rien vu, c'était peut-être aussi qu'il avait refusé de savoir, refusé de voir. Il avait sa part de responsabilité dans toutes ces horreurs, il en était convaincu.

Est-ce qu'il saurait faire de grandes choses ? Il n'en était pas sûr non plus. Un nouveau monde était en train de se construire, et il avait le net sentiment de ne pas avoir sa place au sein de ce monde, justement. Pas plus lui que n'importe quel autre des Basiel.

Quoi qu'il en soit, les mots d'Adélaïde lui avaient bel et bien fait du bien, et pour la peine, il s'épargnerait de s'abandonner au pur et simple défaitisme. Il accepterait de voir de la vie les aspects positifs. Au moins, il avait son amie et confidente, et il savait qu'il pouvait compter sur elle.

« Je suis heureuse que tu vois les choses d’une façon un peu plus lumineuse. Et puis je suis là pour ça, tu sais bien que je serai toujours de ton côté quoiqu’il se passe. Tu peux compter sur moi. Cela ne changera jamais. »

Gabriel adressa un sourire sincère à Adelaïde, sa présence et son soutien étaient très importants pour lui. C'était agréable de se dire qu'il pouvait en effet compter sur elle. Qu'il pouvait complètement compter sur quelqu'un. C'était difficile de distinguer ses amis de ses ennemis, ces temps derniers. Et même avant, c'est juste qu'avant, il ne s'en rendait pas compte.

"Merci, je sais que je peux compter sur toi.", dit-il. Et c'était en effet le cas. "Mais j'ai déjà beaucoup trop parlé de moi. Parle-moi un peu de toi, il a bien dû se passer des choses depuis notre dernière conversation, non ?"

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Jeu 15 Juin - 12:54

La solitude cherche la compagnie
 
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Cela faisait toujours très plaisir à Adélaïde de discuter avec Gabriel. Il était un ami très précieux à ses yeux et cela n’avait rien à voir avec son rang ou son statut de prince héritier du trône de Feerie. C’était totalement dû à sa personnalité, au garçon qu’il était. Elle serait vraiment désappointée s’ils ne pouvaient plus être aussi proches dans le futur. Si elle pouvait le rassurer et l’épauler d’une quelconque façon elle ferait en sorte d’être toujours disposée à le faire. Quoiqu’il lui en coûte. Comme en cet instant, du moins elle l’espérait. Cela l’ennuyait de voir le blond aussi défaitiste quant à son avenir en tant que roi. Elle ne doutait pas que Gabriel ferait un très bon roi, il pourrait s’entourer de qui il voulait pour le soutenir et l’aider dans sa tâche de souverain. C’est sûr qu’il était très différent de son père, leur roi actuel, mais cela n’était peut-être pas plus mal. Edgar n’était pas vraiment une personnalité qu’elle appréciait, au contraire, il lui faisait plutôt peur. Mais bon, elle n’avait pas non plus quelque chose de concret contre Edgar, juste un pressentiment déplaisant, ne pas le croiser n’était pas une source de décevance non plus. Elle restait polie avec lui quand elle le croisait mais sans plus. Quoiqu’il en soit, Gabriel ne tenait pas de lui et ce n’était pas pour lui déplaire.

"Merci, je sais que je peux compter sur toi."

Elle lui sourit doucement. Cela lui faisait plaisir qu’il affirme ce genre de choses. Ils avaient confiances en l’un l’autre après tout mais cela faisait toujours chaud au cœur de l’entendre. Adélaïde n’était pas de ceux qui laissaient tomber leurs amis dans les moments difficiles, elle faisait en sorte d’être toujours là pour eux, dans les bons comme dans les mauvais. C’était la même chose pour Eléonore, qui était sa meilleure amie, bien ignorante de la vérité.

"Mais j'ai déjà beaucoup trop parlé de moi. Parle-moi un peu de toi, il a bien dû se passer des choses depuis notre dernière conversation, non ?"

Adélaïde réfléchit un instant, elle était bien loin d’avoir une vie particulièrement palpitante bien au contraire, moins elle bougeait et plus ses parents étaient satisfaits, ce qui était bien loin d’être son cas. Elle était sans aucun doute bien trop investigatrice à leur goût. Elle ce qu’elle voulait c’était voir le monde, rencontrer des gens, et pas rester cloîtré entre quatre murs qu’elle connaissait par cœur. Ce n’était pas à quoi elle aspirait. Mais ça, ses parents ne comprenaient absolument pas et préféraient jouer la sourde oreille. Les seuls moments où elle avait été tranquille et s’était sentie libre c’est quand elle était descendue à la taverne clandestinement écouter les histoire d’un homme mystérieux. Malheureusement, l’homme mystérieux avait disparu et elle ne l’avait revu nulle part, ce qui l’avait beaucoup attristée.

« Oh tu sais, je n’ai rien de bien passionnant à te raconter. J’ai été privée de la seule distraction que je m’étais trouvée. Et je n’arrive pas à la retrouver. Je ne savais pas qu’il était si facile de disparaître… »

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Lun 3 Juil - 13:21


Oh tu sais, je n’ai rien de bien passionnant à te raconter.

Gabriel n'en croyait rien, rien du tout, même, mais il se doutait que passer après ses lamentations (il en avait bien conscience, il se plaignait sans arrêt, dernièrement, et se plaindre était moins efficace qu'agir, mais c'était plus fort que lui, la situation dans laquelle il se trouvait lui pesait trop, c'était une claque en pleine figure, et il avait le plus grand mal à l'encaisser) ne devait pas forcément être simple.

Pourtant, il était malgré tout convaincue que son amie avait de nombreuses choses à lui raconter, elle aussi. Même les choses anodines, d'ailleurs, pouvaient avoir de l'importance, de l'intérêt, à ses yeux. En fait, il serait même plus que ravie d'entendre des choses qui en soi pourraient donner l'air de n'avoir aucune importance, ça lui donnerait le sentiment que le monde, par certains aspects, savait tourner rond, malgré tout. Alors elle pouvait bien lui parler, il serait attentif, heureux de tout entendre.

Et d'ailleurs, Adélaïde avait semble-t-il plus à en dire que ce qu'elle avait prétendu en premier lieu. Gabriel le comprit quand elle reprit la parole.

J’ai été privée de la seule distraction que je m’étais trouvée. Et je n’arrive pas à la retrouver. Je ne savais pas qu’il était si facile de disparaître…

Quand elle parla de distraction, il pensa peut-être à un jeu, un divertissement quel qu'il soit qui avait beaucoup plu à la jeune femme et dont on l'avait finalement privé sans sommation (ses parents, peut-être ?). Mais quand elle ajouta qu'elle ne savait pas qu'il était si facile de disparaître, ses théories changèrent quelque peu.

Il avait le net sentiment que cette "distraction" n'était pas une activité mais plutôt une personne. Une amie proche ? Ou bien un charmant jeune homme qui se serait évaporé dans la nature après lui avoir conté fleurette ? Dans tous les cas, le prince tenait à en savoir plus, Adélaïde avait clairement éveillé sa curiosité et il ne demandait qu'à l'assouvir.

Et puis, l'air de rien, ça lui faisait franchement du bien de parler d'autre chose que de lui-même ou de son père, de ses problèmes familiaux et autres. Même s'il espérait ne pas creuser un autre problème au passage. Il n'avait aucune envie de rendre la jeune femme malheureuse alors que lui-même tentait de fermer les yeux sur son propre malheur.

"Une distraction, dis-tu ?" Il afficha un sourire complice. "Et elle se nomme comment, cette distraction ?"
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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Sam 8 Juil - 23:14

La solitude cherche la compagnie
 
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Adélaïde avait fait de son mieux pour réconforter et rebooster un peu son ami Gabriel. Cela n’avait pas été une chose simple. C’était des soucis qu’elle ne pouvait pas s’imaginer. Elle n’avait pas le poids de Gabriel sur les épaules. Le jeune homme était prince héritier et cela ne devait pas être facile du tout à endosser et quelque part elle le plaignait un peu mais elle n’avait pas eu le cœur du tout de le voir comme ça et avait fait tout ce qu’elle pouvait pour lui redonner le sourire. Elle espérait avoir réussi. Sinon elle ne pouvait prétendre d’être une bonne amie. Même si c’est ce qu’elle essayait de faire à chaque fois. Elle était une jeune femme de nature positive et essayait de le transmettre aux autres. Ce n’était pas toujours une tâche facile cela était certain mais elle essayait de faire au mieux en fonction des personnes qu’elle avait face à elle. Il ne fallait pas agir de la même façon avec tout le monde sinon les loupés étaient évidents. Il était mieux d’aviser en fonction du caractère de chacun. On était plus réceptifs à certaines choses qu’à d’autres. Cela était évident.

La discussion avait ensuite changé de sujet pour s’intéresser à elle. Elle s’e serait bien passer car elle ne voyait rien d’intéressant dans sa vie qui aurait pu intéresser un tant soit peu son prince. Mais ce dernier ne sembla pas vraiment de cet avis et elle se débrouilla pour lui conter les récents évènements qui n’avaient rien de glorieux. Malgré ses aventures avec le conteur. Enfin, il n’y avait aucune aventure là-dessous. Elle avait juste écouté ses histoires puis il s’était volatilisé comme il était apparu. Elle était très déçue, et c’était peu dire.

"Une distraction, dis-tu ?"

A la vue de son sourire, elle voyait bien qu’il se doutait qu’elle parlait là d’une personne et non d’un jeu ou d’une chose. Mais elle avait souvent du mal à dire les choses avec toute franchise et utilisait toujours des formulations pour atténuer ses diverses paroles. Cette fois-ci ne dérogeait pas à la règle.

"Et elle se nomme comment, cette distraction ?"

C’était une bonne question. Même elle n’en avait pas la réponse. Elle ne lui avait jamais adressé la parole, n’osant pas le faire tout simplement. Elle n’avait jamais demandé aux autres gens de l’auberge non plus. Elle ne voulait pas trahir sa présence car si ses parents l’avaient appris elle se serait prise une sacrée correction. Elle se contente de hausser les épaules.

« Je n’en sais rien. Je ne connais pas son nom. Tout ce que je sais c’est qu’il racontait des histoires à la taverne du village mais il ne vient plus. »

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Lun 31 Juil - 12:15


Je n’en sais rien. Je ne connais pas son nom.

Ainsi donc, la distraction d'Adélaïde n'avait pas de nom... Ou en tout cas, son nom lui était inconnu. La jeune femme était tombée, semble-t-il, sous le charme d'une ombre, et d'une ombre portée disparue, à présent...

Gabriel tirait peut-être des conclusions hâtives de la situation, mais il se disait que si la jeune femme lui parlait de cet homme, c'était forcément qu'il lui avait fait une forte impression... et en conséquence, il en tirait certaines conclusions, tout simplement.

Il devait bien reconnaître que, si Adélaïde en parlait assez légèrement, le prince se disait que lui, de son côté, aurait tout de même un peu de mal à garder le sourire. Et il savait ce que ça faisait, de perdre de vue quelqu'un à qui l'on découvre tenir, il le vivait au quotidien. Eleonore était devenue son ombre, et même s'il parvenait à la voir de temps à autre, bien souvent, il s'endormait le soir en se demandant où elle était, ce qu'elle faisait... et les réponses mentales à ces questions n'avaient jamais grand-chose de rassurantes, d'ailleurs.

Tout ce que je sais c’est qu’il racontait des histoires à la taverne du village mais il ne vient plus.

La taverne du village, vraiment ? Gabriel admettait avoir du mal à imaginer Adélaïde traîner à la taverne, mais c'était peut-être parce qu'il n'avait jamais mis les pieds dans ce genre d'endroit. Par la force des choses, il laissait à son imaginaire le soin de visualiser ce genre d'endroits, et forcément, il s'imaginait quelque chose de mal famé, autant que les personnes qui les fréquentaient...

Mais de quel droit se permettrait-il de juger, lui qui était tombé sous le charme d'une simple paysanne. Il choisit de rester donc objectif vis-à-vis de cet individu dont il ne savait toujours rien, si ce n'est qu'il aimait raconter des histoires.

"J'ignorais que tu fréquentais les tavernes"
, dit-il, n'ayant finalement pas pu s'empêcher de faire cette remarque, mais accompagnant le tout d'un sourire, qui montrait donc qu'il était plus amusé que choqué ou quoi que ce soit. "Je regrette que tu n'aies plus de nouvelles de cet homme, visiblement, il t'avait fait une forte impression.", ajouta-t-il en leur adressant un regard entendu. "Qu'est-ce qu'il racontait, comme histoires ?"
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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Sam 5 Aoû - 0:02

La solitude cherche la compagnie
 
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Leur conversation avait un peu dérivée et le sujet de leur discussion avait changé, s’axant un peu plus sur Adélaïde. Oh, cela ne la gênait pas vraiment de parler d’elle. Mais il est vrai qu’elle trouvait cela un peu étrange de parler de sa rencontre, enfin on ne pouvait pas vraiment appeler ça une rencontre, avec l’homme de la taverne. A vrai dire, elle ne connaissait pas son nom, qui il était, où il habitait. Elle ne savait absolument rien de lui, et il fallait bien l’avouer, elle se demandait si elle allait le revoir un jour. Mais l’idée de ne jamais la revoir la chagrinait quelque peu.

Mais bon, Gabriel avait accepté de se confier à elle, elle se voyait mal lui révéler ceci, et puis elle ne voyait pas de raison de ne pas vouloir lui en parler. Après tout, il était son confident, c’était donc quelque chose de normal en fin de compte. Elle lui racontait donc ce qu’elle savait, c’est-à-dire pas grand-chose, vraiment pas grand-chose. Mais elle se voyait mal inventer une histoire de toute façon. Elle trouvait tout de même cela dommage de se dire qu’elle ne retomberait peut-être jamais sur lui, même si elle espérait que l’inverse se produise. Vraiment.

Elle ne savait pas ce que Gabriel penserait de ceci. Elle n’avouait rien de bien trépidant de toute façon, elle ne disait pas non plus qu’elle aimait cet. C’est vrai, après tout, pouvait-on aimer un homme que l’on ne connaissait pas ? Dont on ne savait rien à part le son de sa voix ? Elle ne saurait le dire, mais elle ne pensait pas être amoureuse, seulement… entichée, peut-être. Mais c’était tout de même assez compliqué à déterminer trouvait-elle. Peut-être qu’avec le temps elle aurait certaines réponses, peut-être pas. Si elle était destinée à ne plus le revoir, voulait-elle vraiment une réponse à cette question ?

"J'ignorais que tu fréquentais les tavernes"

Elle rougit légèrement. Elle avait omis avoir mentionné cela, en fait, c’était un peu un détail insignifiant mais il est vrai qu’elle n’était pas vraiment censée fréquenter ce genre d’endroit. Mais bon, elle avait parfois envie de braver les interdits et faire ce qu’elle ne pouvait pas faire et ce que ses parents s’entêtaient à lui interdire.

"Je regrette que tu n'aies plus de nouvelles de cet homme, visiblement, il t'avait fait une forte impression. Qu'est-ce qu'il racontait, comme histoires ?"

Elle lui sourit légèrement. Gabriel était toujours adorable, comme toujours. C’était sûrement le plus gentil garçon qu’elle connaissait, il n’y avait pas à dire, ni même à débattre.

« Oh tu sais, j’y suis allée un peu clandestinement, je m’ennuyais chez moi et comme mes parents s’obstinent à m’interdire tout et n’importe quoi j’en ai eu marre. Mais, ce n’est pas aussi horrible qu’on peut le croire, enfin je ne me mêlais pas trop aux gens. Enfin bref. Oh, c’était toutes sortes d’histoires. Des choses qu’il avait vues ou prétendait avoir vu, des histoires un peu fantastiques, des aventures, ce genre de choses. »

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Message#Sujet: Re: La solitude cherche la compagnie (Adélaïde)   Sam 12 Aoû - 16:33


Oh tu sais, j’y suis allée un peu clandestinement, je m’ennuyais chez moi et comme mes parents s’obstinent à m’interdire tout et n’importe quoi j’en ai eu marre. Mais, ce n’est pas aussi horrible qu’on peut le croire, enfin je ne me mêlais pas trop aux gens. Enfin bref.

Gabriel sourit en entendant les justifications de son interlocutrice. En vérité, elle n'avait aucune raison de lui en fournir réellement. Elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait, du moment qu'elle ne se mettait pas inutilement en danger (ce qui pouvait parfois arriver lorsqu'on était une jeune femme bien faite, et noble qui plus est, qui courait les tavernes - mais il voulait croire qu'elle savait ce qu'elle faisait et qu'elle était suffisamment mature et intelligente pour connaître les limites qu'il ne fallait pas qu'elle franchisse).

Il pouvait d'autant moins lui faire de reproches qu'il se reconnaissait beaucoup dans le discours qu'elle tenait. Elle s'ennuyait, ses parents lui interdisaient beaucoup de choses, bref, elle s'était rebellée contre l'autorité parentale.

... et quand il s'agissait de se rebeller contre l'autorité parentale, le jeune homme n'était pas le dernier, du moins en ce moment, et puisqu'il s'associait directement à des résistants qui cherchaient à renverser le pouvoir et espéraient voir tomber son roi de père de son trône, il ne pouvait pas dire grand-chose, franchement, vis-à-vis d'une jeune femme qui, pour palier à l'ennui qu'elle éprouvait, se contenter de fréquenter les tavernes supposées ne pas convenir aux individus de leur rang. Franchement, à l'entendre parler ainsi, il se découvrait un nouveau point commun : un besoin de rébellion, une sincère soif de liberté. Mais peut-être était-ce juste de leur âge.

Ce donnerait presque envie à Gabriel d'aller faire un détour par cette taverne en compagnie d'Adélaïde, lui aussi... mais il supposait qu'il était trop reconnaissable pour s'y risquer, et déjà que son géniteur l'avait dans le collimateur, mieux valait ne pas en rajouter.


Oh, c’était toutes sortes d’histoires. Des choses qu’il avait vues ou prétendait avoir vu, des histoires un peu fantastiques, des aventures, ce genre de choses.

Des histoires fantastiques, des aventures, bref, tout ce à quoi Adélaïde aspirait sans doute, ce qui prouvait une fois encore combien la jeune femme avait soif d'évasion. Elle avait sans doute trouver matière à rêver dans cette taverne où Gabriel supposerait pourtant que le rêve n'avait pas du tout sa place.


"Eh bien... peut-être qu'il est en train d'en vivre une, d'aventure, et qu'il reviendra à la taverne en parler sitôt qu'il sera de retour ?"


Mais c'était sûrement trop optimiste de le penser.

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