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 Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati

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Royaume du bout de l'océan
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Message#Sujet: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Lun 24 Juil - 19:51


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte




L’endroit était sombre et dégageait une forte odeur d’humidité et de pourriture. Du coin de l’œil, Cliff vit passer un rat malingre et au pelage gras entre les barreaux rouillés de sa cellule. L’animal venait se nourrir dans la gamelle qu’il n’avait pas touché. Sa ration de nourriture pour la journée. Une bouillie de céréales visqueuse et sans le moindre goût qui pourrait tout aussi bien servir à la maçonnerie.

Clifford était enfermé là depuis le petit matin. Un stupide concours de circonstance. Il était resté toute la nuit à boire à la taverne du port et une bagarre avait éclatée. Une bagarre dans laquelle il s’était retrouvé mêlé sans même en avoir l’intention au départ. Et les gardes avaient rappliqués.

Assit à même le sol, adossé aux barreaux, Clifford ne se faisait pas spécialement de soucis. Ce n’était pas la première fois qu’il se faisait emprisonner et soyons honnête, ce ne serait certainement pas la dernière. Mais il ne restait jamais bien longtemps dans sa cage, il avait toujours plus d’un tour dans son sac et – surtout – la moitié des gardiens dans sa poche. La promesse d’un pot-de-vin et d’une nuit gratuite avec l’une des filles l’avait toujours tiré de là. Le seul contre-temps dans le cas présent était que le seul gardien présent dans l’immédiat était malheureusement incorruptible. Il serait certainement remplacé avant la tombée de la nuit mais Clifford n’avait pas que ça à faire et voulait pouvoir sortir de là au plus vite.

Il faisait rouler une pièce sur le dos de ses doigts depuis une bonne heure quand le gardien rappliqua avec le juge et tous deux avaient un sourire mauvais.

Encore toi, lâcha le juge en guise de salutation. Il allait ajouter quelque chose mais Clifford l’interrompit d’un geste de la main.

Laissez-moi deviner… Je suis condamné à mort et serait pendu demain aux premières lueurs. Ça va, je commence à connaitre la chanson à force de me la répéter. Cela dit, je suis toujours bien vivant.

Le juge tira une gueule de 3mètres de long et pourtant, Clifford disait vrai. Combien de fois déjà avait-il échappé à la potence d’une manière ou d’une autre ? Vice de procédure, découverte du « véritable » criminel, évasion…

Cette fois tu ne t’en tirera pas, marmonna le juge qui semblait vouloir s’en convaincre, ce qui fit rire Clifford dans sa cellule.

Vraiment ? Et si je vous dis qu’avant demain au petit matin, je serais non seulement libre mais également gracié pour tous mes crimes passé par la Princesse elle-même ?

Cette bravade fit rire le gardien mais pas le juge qui le foudroyait du regard. Mais Clifford ne se démontait pas pour autant.

Demandez à la Princesse Minati de venir, c’est ma dernière volonté de condamné à mort. Vous ne pouvez pas me le refuser.

Et si elle, elle refuse de venir ?
, demanda le garde.

Serein, Clifford ferma les yeux en appuyant l’arrière de son crâne contre les barreaux.

Vous voulez parier combien qu’elle viendra ?

Fulminant, le juge fit volte-face et partit. Le gardien, lui, resta à observer Clifford un instant avant de retourner à sa ronde.



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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Lun 24 Juil - 21:08


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte
P

lus les jours et les semaines passaient, plus ses souvenirs se faisaient lointains, obscurs, et cet ancien cauchemar paraissait appartenir à un passé entièrement révolu, et qui plus jamais ne ferait surface. Elle arrivait presque à se convaincre que son escapade hors du palais avait été un mauvais rêve, dont elle était finalement sortie, et pour de bon. Ce qui ne l'empêchait pas, bien sûr, d'être résolument décidée à ne jamais quitter les murs agréables et protecteurs du palais de son sultan de père. Elle filait donc à nouveau des jours heureux et insouciants, et avait retrouvé ses vieilles et déplaisantes habitudes : une vie faites d'exigences et de caprices bien trop vite satisfaits, puisque la princesse était habituée à ce qu'on ne lui dise jamais "non". Et tout allait donc parfaitement dans le meilleur du monde. Mais ce n'était pas destiné à durer, visiblement, car il allait suffire d'une demande pour le moins surprenante pour tout changer.

Minati n'avait rien compris, il faut bien le dire, quand on lui avait assuré qu'on la demandait aux geôles. S'il y avait bien un endroit où elle ne se rendait jamais et où on l'avait défendue de se rendre, c'était là. Elle fut d'ailleurs plus que tentée de décliner, mais la curiosité l'emporta sur la raison et la sagesse. En même temps, Minati n'avait jamais été quelqu'un de particulièrement sage, il faut bien le dire. Mais elle n'était pas forcément très aventureuse. elle s'était promis de ne plus jamais quitter le palais pour sa sécurité... mais si elle se rendait aux geôles... elle ne quittait pas le palais, techniquement... et puis... il y avait tout ce qu'il fallait de gardes, là-bas, alors, au pire... Oui, allez, elle ne savait pas exactement ce qu'on attendait d'elle ni qui demandait à la voir, mais la curiosité l'emportait sur la raison pure. Et donc, elle se dirigea jusqu'aux cellules, et devait le regretter immédiatement sitôt qu'elle découvrit qui avait exigé son attention. Cet individu, elle le connaissait, et elle avait sincèrement espéré ne jamais avoir affaire à lui de nouveau... mais pour le coup, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Elle sentit un long frisson lui traverser l'échine, et son coeur cogna contre sa poitrine sous l'effet de l'angoisse. Elle avait bien envie de détaler et de faire marche arrière, mais elle était figée, incapable de bouger.

-Vous...



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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mar 25 Juil - 21:18


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte




Cliff n’avait pas bougé d’un millimètre, se contentant d’attendre toujours assit à même le sol, une jambe étendue devant lui et l’autre repliée afin de pour poser sa main sur son genou. Les vestiges de la bagarre commençaient à se faire sentir. Quelques hématomes, probablement un sur la pommette à en supposer par le tiraillement qu’il y ressentait.

Le rat avait appelé un de ses amis pour l’inviter au festin et il ne faisait rien pour les déloger de son écuelle, se contentant de leur jeter un coup d’œil de temps à autres. Contre les murs, des cris se faisaient parfois entendre. Tous les prisonniers n’étaient pas aussi dociles et sereins que lui à priori. Son voisin de cellule, qui croupissait visiblement là depuis des années, avait tenté de lui faire la conversation mais Clifford ne lui avait pas porté la moindre attention.

Il avait fini par fermer les yeux durant un temps indéfini lorsqu’il entendit des pas se rapprocher. Trop légers pour que cela soit un des gardes. Un fin sourire vînt alors étirer ses lèvres et il regrettait de ne pas avoir pu convaincre le juge et le géôlier de tenir les paris.

Quand il entendit sa voix, il rouvrit les yeux et dû tordre le cou pour la voir à travers les barreaux auxquels il était adossé.

Moi, répondit-il tout simplement avant d’enfin se relever. Ce mouvement, après des heures d’inertie, lui provoqua une grimace. Visiblement, une de ses côtes avait eu du mal à amortir les coups.

Ne me regarde donc pas comme si j’allais te dévorer toute crue, Princesse. Je suis coincé, tu le vois bien, dit-il en tapotant les barreaux dont le son métallique résonna légèrement en entrant en contact avec l’une de ses bagues en argent. J’en conclus que je ne t’ai pas manqué. Mais au moins, tu ne m’as clairement pas oublié, c’est déjà ça.

Même enfermé, coincé derrière des barreaux, il la détaillait du regard avec ce petit sourire joueur mais glaçant qui lui était propre. Même en situation d’infériorité, il aimait garder le contrôle. Ne jamais se montrer faible, même lorsque l’on pouvait l’être, c’était une règle d’Or dans son milieu.

J’aurais besoin que tu me rendes un petit service, Princesse.

La manière dont il ne cessait de la nommer par son titre n’avait pas grand-chose de respectueux mais en même temps, cela ne sonnait pas particulièrement comme une insulte non plus.

Vois-tu, sortir d’ici est un exploit que j’ai déjà accompli mais toi, tu peux m’apporter une chose bien plus précieuse que je ne suis malheureusement pas en mesure d’obtenir par mes propres moyens.



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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mer 26 Juil - 18:26


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte
O

ui, il était coincé. Et tant mieux, d'ailleurs, car la dernière chose que Minati puisse vouloir, c'était que cet homme ait à nouveau l'ascendant sur elle. La jeune femme savait, au fond, qu'elle pourrait profiter de cette situation pour jouir de l'humiliation de son interlocuteur (qui ne paraissait pas si humilié que ça, ceci dit), qu'elle pourrait le toiser de toute sa hauteur, à présent que les rôles étaient inversés, mais alors même que c'était lui qui était en cage et elle qui était libre, la peur ne la quittait pas. Il était la dernière personne qu'elle voulait voir, la dernière personne à qui elle ait vraiment eu envie de parler, bien sûr. Oh non, il ne lui avait pas manqué, et elle avait espéré, d'ailleurs, ne jamais le revoir de toute sa vie. Ce n'était pas pour rien, si elle n'osait plus quitter les murs du château, c'était de crainte de le revoir. C'est évident, elle ne l'avait pas oublié, elle était incapable de l'oublier. Elle sentait son estomac se nouer à la seule pensée de le voir là... Mais c'était peut-être l'occasion. Dès qu'elle aurait quitté cet endroit lugubre, elle apprendrait à son père que l'homme qui l'avait enlevé était en cellule, et elle espérait bien qu'il se débarrasserait du problème le plus rapidement possible.

Elle l'observait, surprise et outrée, quand elle entendit son interlocuteur affirmer qu'il avait besoin qu'elle lui rende un petit service. Est-ce qu'il y croyait vraiment ? Est-ce qu'il pensait vraiment qu'elle allait accorder quoi que ce soit à ce sale type ? Il était là, derrière ces barreaux, il n'était pas en position d'exiger quoi que ce soit de sa part. Mais il le faisait malgré tout avec un aplomb merveilleux. Non mais franchement... Pour quoi il se prenait, sans doute ? Il était condamné, il était enfermé, et il s'imaginait encore en position de négocier.

-Je ne vous dois rien du tout, il est hors de question que je vous aide,
répliqua-t-elle les bras croisés, parvenant à retrouver un peu de son assurance. Elle le toisa avec un mélange de crainte et de mépris. Hors de question qu'il s'évade, cette fois, elle voulait le voir disparaître pour de bon de son paysage, et pour de bon, cette fois-ci. Je vais aller voir mon père, je vais exiger votre exécution, et sur-le-champ, et je ne raterai pas une seule miette du spectacle, voilà ce qui va se passer.

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Dernière édition par Minati Raddhal le Mer 2 Aoû - 18:30, édité 1 fois
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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mar 1 Aoû - 10:47


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte




Clifford ne savait pas si cela venait de lui mais il avait l’impression que la princesse était encore plus butée que la dernière fois et très franchement, cela lui tapait légèrement sur le système de toujours passer pour le monstre dans l’histoire. Il l’avait mise à l’abris d’une série de viols – car il ne fallait pas se leurrer, il connaissait les manières de ses hommes – voir même d’un assassinat dans les règles et il l’avait fait rendre saine et sauve à son père. Sérieusement, pour une fois qu’il avait agit en « gentil ». poussant un soupire, il se massa l’arête du nez dans le geste typique fatigué des crises d’une gamine.

Je vais tenter de résumer un peu les choses et arrête-moi si je me trompe. Tu as rappliqué chez moi la bouche en cœur en te disant que ton joli minois te sauverait des attaques d’une bande de criminels. Je t’ai mise à l’abri, t’es donné à boire et à manger. Après quoi je suis allé chercher notre ami en commun pour qu’il te ramène saine et sauve auprès de ton papounet et gratuitement en prime. Et toi, en remerciement, tu veux me faire exécuter ?


Il releva son regard sur la princesse et on devinait facilement à son expression à quel point il trouvait tout cela ridicule.

Alors certes, je t’ai donné une fessée mais tu sais qu’il s’agit là d’un des moyens d’éducations les plus classique chez le parent ? Tu vis totalement à côté de la plaque, il fallait bien que tu comprennes un minimum que ton comportement était dangereux non ? Et visiblement, tu as bien retenue la leçon. Et ça vaut vraiment de me faire pendre ? C’est un peu radical tu ne crois pas ?


La faire venir n’avait finalement pas été une si bonne idée que cela. De toutes évidences, sa mésaventure ne lui avait pas mit plus de plomb dans la cervelle. Mais après tout, à quoi c’était-il attendu ? Quand on savait qui l’avait élevée, on ne pouvait pas s’attendre à ce qu’elle soit autrement chose qu’une gamine pourrie gâtée et égocentrique. Mais Cliff ne pourrirait pas dans cette cellule et ne serait pas suspendu au bout d’une corde, en déplaise à la princesse.

Tu peux toujours courir voir ton père mais d’ici que tu y sois, je serais déjà sorti d’ici.

En parlant, Cliff s’était rapproché des barreaux et il observait longuement la jeune fille avec un petit sourire en coin.

Tu crois vraiment que c’est parce que j’ai de la chance que je n’ai toujours pas été pendu après toutes ces années ? N’oublie pas ce que tu as vu chez moi ma jolie. Une grande partie de tes gardes a autant d’allégeance envers ta famille qu’envers moi. A qui peux-tu réellement te fier dans ton propre château ? Y es-tu seulement plus à l’abri que tu ne l’étais chez moi ? Tu me hais peut-être, mais pour rappel si tu es encore vivante et chaste à l'heure actuelle, c'est grâce à ma protection, pas celle de ton père.



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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mer 2 Aoû - 17:57


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte
S

i Minati avait dû arrêter Clifford à chaque fois qu'elle considérait qu'il se trompait, elle ne l'aurait pas laissé en placer une, mais elle choisit de le laisser déblatérer son discours, tout en considérant quoi qu'il en soit qu'elle ne changerait rien à l'opinion qu'elle avait de cet homme. Les bras croisés, elle le jaugeait tout en lui adressant le souverain mépris qu'elle ne pouvait que lui accordait. Non, sa version des faits ne coïncidait absolument pas avec les siennes. A qui irait-il faire croire qu'elle avait débarqué chez lui la bouche en choeur alors que jamais elle n'aurait mis de son plein gré le pied chez ce sinistre individu ? Et comment osait-il affirmer lui avoir offert le gîte et le couvert, comme s'il n'avait tenu qu'à elle de partir à tout instant alors qu'il l'avait séquestré. Peut-être que parmi les siens, être enfermé contre son gré, peu importe que ce soit dans une chambre ou dans une cellule, était un moindre mal, mais elle, elle en accusait encore le traumatisme, et pour elle il était bien réel. Elle grimaça quand il évoqua Clifford comme étant un "ami commun". Elle n'avait jamais su comment celui qu'elle considérait comme son sauveur l'avait retrouvée, mais ce qui est sûr et certain, par contre, c'est qu'elle refusait d'admettre l'hypothèse que Gorav et Clifford puissent être de connivence, d'une manière ou d'une autre. elle préférait, et de loin, se voiler la face à ce sujet que de faire chuter son héros de son piédestal.

Lui rappeler la fessée qu'il lui avait administré n'allait certainement pas retentir pour elle comme une invitation à se montrer plus clémente à son égard, bien au contraire, même, cela ne faisait que rappeler combien cet homme la dégoûtait. Elle en avait vu perdre la tête (au sens propre) pour moins que ça... Alors, franchement, elle n'aurait aucun scrupule à assister à son exécution. Elle y prendrait du plaisir, et ce serait tout, vraiment. D'accord, elle voulait bien croire que s'il s'en était sorti jusqu'alors, c'est qu'il devait avoir ses propres ressources, des alliés, des complices, qui n'attendaient qu'un signe de lui pour le tirer de chaque mauvais pas. Mais ça ne pouvait pas marcher à tous les cas, ça ne devait pas marcher à tous les coups. La princesse ne l'entendait pas de cette oreille en tout cas.

-Votre protection...
Rien que pour avoir osé prononcer ce mot, elle le haïssait d'autant plus. Je ne vous laisserai pas sortir d'ici, je suis prête à rester devant votre cellule à vous regarder mourir de faim, s'il le faut, mais je veux vous voir mourir, je suis très sérieuse.

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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mer 9 Aoû - 16:47


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte




D’accord, il le reconnaissait officiellement, il avait eu une mauvaise idée en voulant mêler Minati à cela. Ce n’était pas une erreur grave en soit, certes, mais une erreur quand même. Il était évident que sa petite mésaventure hors des murs du palais n’avait pas mit un peu plus de plomb dans sa petite tête de princesse pourrie gâtée. Ma foi tant pis, il n’allait pas pleurer pour elle non plus.

Aux propos de la jeune fille, Clifford arqua un sourcil, ironique.

Et comment comptes-tu courir demander à ton père de faire pendre sur le champ sans bouger de là en même temps ? Cela dit, tu peux aussi rester ici jusqu’à ce que je meurs de faim et de soif mais autant te prévenir que cela risque de prendre plusieurs jours… Et à mon avis tu ne tiendra de loin pas aussi longtemps.

Le petit sourire qui lui adressa Clifford en cet instant n’augurait vraiment rien de bon, loin de là. Il recula des barreaux d’un pas sans la quitter des yeux, lui adressa un second sourire à faire froid dans le dos et se mit soudainement à hurler, afin de s’assurer que sa voix porte à travers le cachot des condamnés.

Les gars ! C’est une invitée de marque que nous avons là ! Cette jeune fille est la Princesse Minati, la fille de notre cher Sultan ! Accueillez là avec tout le respect que vous avez pour elle !

Les réactions ne se firent pas attendre. Cela commença par d’un côté des sifflements et des commentaires d’une vulgarité extrême et de l’autre des insultes tout aussi peu nuancées. Mais le pire commença quelques instants plus tard, lorsque de prisonniers n’hésitèrent pas à ramasser des ordures, des restes de pourritures et même des déjections humaines qu’ils commencèrent à balancer sans le moindre égard sur la princesse alors que le garde avait mystérieusement disparu, semblant avoir soudainement eut une urgence.

Après un instant, ce fut Clifford lui-même qui se remit à hurler.

Ça suffit ! Elle a comprit le message !

Si quelques commentaires et insultes continuèrent de fuser, le jet d’ordure en tout genre cessa et Clifford se rapprocha des barreaux.

Comme tu peux le voir, ta famille n’est pas franchement respectée en dehors des murs de ton joli palais. Et que cela te plaise ou non, je suis le seul ici et en dehors à même de te protéger.


Effectivement, en l'absence du garde partit en urgence, il ne restait qu'elle et les condamnés à mort.

Maintenant tu as 3 solutions. Ou tu accède à ma demande, dit-il en comptant sur ses doigts. Ou tu pars te refaire une beauté. Ou tu restes ici à supporter ça jusqu’à ma mort.

Tout en l’observant, il pencha la tête légèrement de côté.

Oh et si jamais, tu as un reste de pelage de rat crevé pourri coincé dans les cheveux.



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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Ven 11 Aoû - 20:43


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte
B

on, d'accord, en soi, Minati devait donner raison à Clifford (et franchement, elle n'aimait pas du tout ça, bien au contraire, même) : puisque pour le moment, le garde était parti et qu'il n'y avait qu'elle, elle n'avait aucun moyen d'avertir son paternel pour ordonner que l'on pende cet homme sur-le-champ sans s'éloigner une seule seconde. Mais bien sûr, quand elle avait envisagé ça, elle disait ça dans l'optique que le garde reviendrait forcément, et qu'elle l'enverrait chercher son père. Il reviendrait forcément d'ici là, et elle n'aurait pas le temps de le voir mourir de faim ou de soif ou elle ne savait pas quoi d'autre encore. Elle allait d'ailleurs le lui répliquer, le tout avec tout le mépris qu'il lui inspirait (et autant dire que ça faisait vraiment beaucoup de mépris, parce que cet homme était devenu, en très peu de temps, l'homme qu'elle détestait et craignait le plus au monde. Et encore, ça n'allait pas s'arranger dans les minutes à venir). Sauf qu'il reprit la parole, pas à son adresse, non, mais à celle de tous les prisonniers qui se trouvaient là, leur exhortant de l'accueillir avec tout le respect qu'elle leur inspirait. De toute évidence, ils avaient une drôle de manière de montrer leur respect.

Minati n'eut pas le temps de répliquer quoi que ce soit, une volée d'épluchures et autres déjections lui tombèrent dessus, elle poussa un cri horrifié tandis qu'elle subissait les saillies de tous ces horribles personnages. Quand ils s'arrêtèrent, selon le bon vouloir de Clifford, elle se considéra du regard, pour ce qu'elle pouvait voir, dégoûtée. Elle était horrible, et elle puait comme jamais, une véritable horreur.

-Je vous ferai tous exécuter !
hurla-t-elle à leur adresse, dans l'espoir de faire taire leurs ricanements.

Mais bien sûr, ça ne fait que les intensifier, tout simplement, et à lui valoir une autre volée de déjections. Elle retira d'un geste de la main, dans un petit cri dégoûté, la dépouille de rat qu'elle avait dans les cheveux. Elle était tremblante et dégoûtée, tout ce qu'elle voulait, maintenant, c'était prendre un bon bain pour se décrasser, mais elle était fier. Après ce qu'il avait fait, elle ne voulait pas le laisser s'en sortir comme ça.

-Demandez ce que vous voulez, vous n'aurez rien.


Surtout pas après l'avoir traité comme ça.

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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mar 15 Aoû - 20:41


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte




En voyant l’état de Minati, Clifford regrettait un peu d’avoir dû en arriver là. Et ce n’était pas son état d’u point de vue vestimentaire qui lui faisait penser à cela mais sa réaction. Elle était horrifiée, peut-être même effrayée. Devant ses airs hautains, Cliff avait parfois tendance à oublier que c’était avant tout à adolescente qu’il avait à faire, pas à une adulte.

Quand il vit de nouvelles ordures arriver vers la Princesse, Clifford lança un regard noir au fautif. Envolé le petit sourire narquois, il était à présent tellement sérieux que la colère pouvait se lire dans son regard.

J’ai dis, ça suffit !

Ça voix avait tonné à travers la salle et avait semble-t-il enfin calmé le dissident. La tête penchée sur le côté, Clifford observait à nouveau Minati.

Tu es au courant que tu es dans le carré des condamnés à mort ? Ici, plus personne à quelque chose perdre.

Menacer des condamnés à mort d’exécution n’était peut-être pas la menace la plus efficace mais Clifford avait bien comprit l’idée générale de la démarche de la Princesse. La pauvre semblait bien piteuse avec sa tenue pleine d’ordure et d’excrément mais il n’avait pas pitié pour autant.

Tu n’as toujours pas compris n’est-ce pas ?
, lui demanda-t-il d’une voix étrangement douce. Pourquoi crois-tu avoir été attaquée de la sorte ? Ton rang n’impressionne qu’au sein de ton palais Minati.

C’était la première fois que Clifford l’appelait par son prénom et non pas Princesse. Une manière de marquer le sérieux de ses propos.

Pendant que tu te régale de fruit en te pavanant dans des robes de soie, ton peuple meurt de faim. Les maladies envahissent les rues aussi vite que les mouches. Ta famille et toi, vous êtes détesté en dehors de vos murs. Et le peuple va finir par ne plus le supporter. Un jour viendra où ce sera vous qui serez enfermez dans ces cachots si vous continuez de la sorte.


Clifford haussa des épaules et fit quelques pas en longeant les barreaux sans quitter Minati des yeux.

Tu n’es pas idiote et tu n’es plus une enfant. Il est temps pour toi de prendre ta vie en main et de faire tes choix. Et aussi de savoir qui sont réellement tes alliés et tes ennemis. Et tu devrais y réfléchir rapidement parce que viendra le jour où tu en aura besoin et où tu réaliseras que ceux sur qui tu pensais compter t’auront trahit et que ceux que tu traitais en ennemis refuseront de t’ouvrir leur porte.


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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mar 15 Aoû - 21:01


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte
C'

est vrai que menacer de mort des prisonniers qui y étaient déjà condamnés n'avait rien de très malin, mais Minati était loin d'avoir réfléchi à cela, elle s'était défendue comme elle le pouvait, c'était aussi simple que cela, elle avait agi sous l'effet de la peur et du dégoût, tout simplement, sans compter que, n'ayant jamais mis les pieds dans ces geôles, elle aurait été bien incapable de déterminer le fait que tous ces gens autour d'elle étaient condamnés à la peine maximum. Elle avait bien envie de répliquer qu'elle pouvait précipiter leur sentence où leur promettre un décès plus violent encore, mais Clifford était loin d'en avoir encore fini avec elle.

Il reprit donc, sûr de lui. La princesse se sentit frissonner quand son interlocuteur l'appela par son prénom. A sa connaissance (mais en même temps, si leur rencontre lui avait laissé un souvenir marquant, ils ne s'étaient que peu vus avant ce jour, tous les deux), il ne l'avait jamais appelée ainsi, et elle aurait préféré que cela continue. Elle voulait croire encore, même alors que son sari était détrempé de déjection et ses cheveux salis de restes pourrissants, qu'on devait encore lui accordait le respect qui était dû à son rang.

Elle aimerait bien affirmer que les propos de son interlocuteur ne trouvaient pas le moindre écho dans son esprit, elle aimerait bien avoir les arguments nécessaires pour contredire et contrarier le prisonnier, mais la vérité... la vérité, c'est qu'elle savait qu'il avait raison, ou pas totalement tort, tout du moins. Si son escapade hors du palais lui avait appris quelque chose, c'était que le monde au dehors n'avait que peu de rapport avec sa cage dorée. Elle savait, oui, que le peuple se mourait à quelques mètres d'elle, que la misère faisait loi quand elle-même vivait dans l'opulence. Elle devrait sans doute s'indigner, elle devrait sans doute vouloir se battre. A la place, elle louait le ciel de posséder ce qu'elle possédait, d'être une privilégiée. Oui, ces gens souffraient sans doute, peut-être même avaient-ils des raisons d'être en colère. Mais elle n'y était pour rien, elle, après tout. C'était en tout cas ce dont elle savait facilement se convaincre dans le confort de son petit lit douillet. Ici, face à ces cellules et confrontée au regard méprisants des criminels tout autour, c'était par contre une autre affaire.

-Vous oseriez prétendre, peut-être, que vous ne voulez que mon bien ?
répliqua-t-elle alors en essayant de garder contenance, ce qui lui était à présent moins facile que précédemment.

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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mar 29 Aoû - 12:54


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Clifford avait parlé d’un ton calme et sûr de lui. Il ne proférait aucune menace, il ne faisait que dire ce dont il était témoin jour après jour. La colère grondait dans les rues de la capitale, les marchands venus de loin se faisaient attaquer et dévaliser par la populace à peine approchaient-ils s’ils ne bénéficiaient pas d’une escorte armée, le plus souvent des mercenaires payés à prix d’or à des hommes comme Clifford justement. Allez savoir combien de temps encore ces marchands venant de terres lointaines t bien plus luxurieuses que les leurs continueraient à venir ?

Il en allait de même pour les familles plus chanceuses, celles qui avaient de l’argent. Car non, l’intégralité de la population ne vivaient pas dans les rues, couverts de crasse heureusement. Il y avait des quartiers plus privilégiés dont les enfants pouvaient bénéficier d’une éducation scolaire. Mais eux aussi en était réduit à payer les services de ces mêmes mercenaires pour assurer leur sécurité en plus de la présence des gardes royaux.

Quand la jeune fille le questionna à nouveau, Cliff cessa ses va et vient pour se planter face à elle, bien que séparé par ses barreaux, et il l’observa un instant, la tête légèrement penchée sur le côté.

Si je te voulais du mal, penses-tu vraiment que c’est encore chaste et sauve que je t’aurai fait renvoyer chez ton père ? Ne penses-tu pas que j’aurai d’abord prit la peine au minimum de te prendre de force pour lui faire comprendre ma manière de penser au lieu de simplement te garder captive et de t’effrayer un peu avant d’aller chercher Gorav ? Tu continues de vouloir me voir comme le monstre de l’histoire mais tu te trompes.


Clifford ne s’était jamais considéré comme un monstre même s’il reconnaissait avoir fait des choses monstrueuses. Tout ce qu’il avait fait, au final, c’était pour assurer sa survie et celle de sa famille quand il en avait encore une. Il fallait bien se rendre à l’évidence, être un représentant d’un peuple considéré comme étant à la source de tous les malheur de celui avec qui il était condamné à vivre n’était pas une chose facile et il avait bien été obligé de faire sa place, de gré ou de force, pour s’en sortir sans devenir un esclave.

Mais visiblement, ce n’était pas le genre de choses dont il devait s’attendre à ce que la Princesse parviennent à comprendre.


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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Mar 29 Aoû - 20:57


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte
M

inati pouvait bien, autant qu’elle le pouvait, chercher à tenir tête à son interlocuteur, la vérité, c’est qu’elle en menait définitivement pas large et qu’un simple regard de la part de Clifford lui donnait des frissons… tu parles d’une princesse digne et sûre d’elle, mais elle faisait de son mieux pour donner le change malgré tout, avec pour moto de ne se laisser distraire ou convaincre par aucune des paroles qu’il pourrait bien lui adresser, même les plus avisées et inattaquables de toutes. Elle l’avait défini comme étant l’ennemi, elle ne reviendrait pas là-dessus, il n’en était clairement pas question… même si elle ne pouvait que lui donner tort sur certains points en faisant preuve d’une évidente mauvaise foi… en même temps, la mauvaise foi, c’était un peu son rayon, elle avait pris l’habitude d’en abuser, et constamment. Il avait beau dire qu’il ne lui avait pas voulu du mal sous prétexte qu’elle était encore vierge et vivante, elle trouvait cela un peu facile, il l’avait tout de même séquestrée, et elle refusait de voir la réalité en face, celle qui voulait que Gorav, qu’elle mettait sur un véritable piédestal, ait pu, faute de la secourir, seulement respecter la volonté de ce sinistre personnage et avoir respecté la volonté de ce dernier… Elle avait besoin de ses illusions. Après tout, elle vivait au quotidien au milieu d’elles et elle n’avait pu qu’amèrement constater ce que cela donnait quand elle renonçait, alors forcément, elle n’avait pas spécialement envie de réitérer l’expérience… même si elle s’y forçait sans doute un peu et très contradictoirement en agissant comme elle le faisait.

-Je ne me trompe pas,
répondit-elle, bornée, et le fait qu’elle n’ait pas plus d’arguments que cela à mettre en avant prouvait bien qu’elle n’était pas si sûre que cela d’elle à ce sujet… Elle détestait, malgré tout, l’idée d’avoir pu se tromper, peu importe sur quoi… Alors quand, en plus, c’était sur quelque chose d’important, ça la mettait bien évidemment hors d’elle. Quoi qu’elle ne l’exprimait plus par la colère ou un superbe mépris. Elle se contentait d’un déni affiché qui n’était pas forcément plus glorieux. Vous n’êtes pas allé chercher Gorav, c’est lui qui est venu me trouver.

Et elle n’avait pas le moins du monde envie d’être contredite sur ce point, ce serait beaucoup, beaucoup trop désagréable à admettre pour elle. Mais après tout, si Gorav était de connivence avec Clifford, il le lui aurait dit, non ? Et pourquoi cet homme serait-il de connivence avec un tel homme de toute manière ?


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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Ven 8 Sep - 18:13


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte




Tu n’admets jamais tes torts n’est-ce pas ?

Cliff avait posé la question sur un ton très calme, presque doux, tout en venant appuyer son front contre les barreaux frais et rouillés de sa cellule. Le contacte froid lui faisait du bien. Il n’avait pas mal morflé dans la bagarre et sa tête lui faisait mal. Un mal sourd, tout au fond de sa boite crânienne, qui suivait le rythme des pulsations de son cœur. Pas assez douloureux pour être mal mais assez pour être dérangeant.

Ce n’est pourtant pas une marque de faiblesse. Au contraire, il faut du courage pour reconnaitre que l’on a pu se tromper.

Il n’y avait aucune trace d’agressivité aussi bien dans ses gestes que dans sa voix, juste une certaine lassitude, rien de plus. Il n’était pas en colère contre elle, il ne l’avait jamais vraiment été c’était juste qu’elle avait quand même un véritable talent pour lui taper sur les nerfs la Princesse.

Bien sûr que je suis allé chercher Gorav… Tu as cru qu’il était venu pile quand je te retenais chez moi par le plus miraculeux des hasards ? Je connais très bien Gorav, que cela te plaise ou non Princesse.

Clifford poussa un petit soupire sans quitter la jeune fille du regard. Le sang qui avait coulé sur son front commençait à sécher et lui tiraillait la peau. Il aurait payé cher pour avoir de quoi se nettoyer la moindre là tout de suite.

Le monde n’est pas blanc ou noir. Beau ou laid… Il y a des nuances, des multitudes de nuances. Je fais partie de ce nuancier.

Tout en parlant, Cliff se reculait des barreaux en se grattant la tête.

Je ne suis pas quelqu’un de bien, je n’ai jamais prétendu le contraire. J’ai du sang sur les mains et à mon actif une bonne cinquantaine de raisons de finir pendu, voir plus. Mais est-ce que je ferais volontairement du mal à une personne innocente ? Non.

Et pourquoi Diable continuait-il à vouloir se justifier face à elle ? De toutes évidences, elle s’était déjà faite sa propre opinion à son sujet depuis longtemps et qu’est-ce que cela pouvait bien faire au final ? Elle n’était personne pour lui, à ses yeux, elle n’était rien.

Mais les « yeux », c’était bien là le problème. Il n’aimait pas l’image de lui que lui renvoyait le regard de Minati. Il avait l’habitude d’inspirer la peur, la colère et le dégoût mais c’était toujours quand lui l’avait souhaité, quand lui avait tout fait pour. Mais face au regard de Minati, il ne pouvait s’empêcher d se demander si, finalement, il n’était tout de même pas devenu un monstre avec le temps.


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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Sam 9 Sep - 9:51


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte
M

inati refusa bien évidemment de répondre et de confirmer les dires de Clifford quand ce dernier observa qu’elle n’admettait jamais ses torts. Oui, c’était le cas, elle devait bien reconnaître que, en effet, elle n’admettait jamais ses torts, ou bien très rarement, elle était bien trop fière pour cela. Et puis, son père lui avait toujours tout accordé, et pris grand soin de sans cesse lui donner raison, même quand la situation ne s’y prêtait pas, alors forcément, à force de s’entendre dire qu’elle ne se trompait jamais, elle avait fini par le croire et par s’en convaincre. Alors ce n’était clairement pas aujourd’hui qu’elle allait reconnaître avoir pu se tromper, certainement pas en présence de son interlocuteur, du reste, elle ne voulait rien croire et entendre de ce qu’il lui disait… et pourtant, pourtant, il parvenait à semer le doute en elle, qu’elle le veuille ou non. Et autant dire que, très clairement, elle ne le voulait pas. Tant pis si elle ne se montrait pas courageuse pour la peine, elle préférait rester lâche et se complaire dans ses illusions, à choisir. C’était une perspective bien plus rassurante.

Dans son esprit, elle s’était fait une vision très précise (et irréaliste) des choses : elle avait supposé que Gorav, apprenant son absence au palais, l’avait cherchée en tous lieux avec acharnement pour la libérer des griffes de Clifford. Forcément, admettre que la vraie version des faits était autre, et bien moins romanesque, n’était pas simple pour elle, et elle n’avait pas spécialement envie de changer sa pensée, même si cela se faisait malgré elle. Il était plus simple de se convaincre du fait que Clifford était une mauvaise personne et Gorav était une bonne. Considérer la vie d’un point de vue manichéen aidait clairement à l’appréhender. Mais ce n’était pas une bonne chose.

-Mais vous m’avez fait du mal !
répliqua Minati, qui préférait ne pas revenir sur les autres propos de Clifford, une manière comme une autre de prétendre y être indifférente. La vérité, pourtant, c’est qu’elle comptait bien avoir une conversation avec Gorav, si déplaisante avait-elle des chances d’être.

Et elle pensait ce qu’elle disait. Certes, il n’avait pas porté atteinte à son intégrité physique et s’était contenté d’une bonne vieille fessée que son père aurait dû lui administrer depuis longtemps pour mettre fin à ses incessants caprices. Mais elle avait tout de même très mal vécu cet épisode. Pour d’autres, ce ne serait peut-être rien, mais la princesse, elle, ne partait pas dans la même disposition que la plupart des gens, qui avaient le mérite de connaître de la vie les vicissitudes et les difficultés.

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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Jeu 12 Oct - 12:27


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte




Pour la première fois, pour la toute première fois depuis qu’ils se connaissaient, Cliff détourna le regard quand Minati reprit la parole. Les yeux baissés, il pivota légèrement sur lui-même, jouant machinalement avec l’un de ses bracelets qu’il fixait soudainement.

Il ne mettait pas en doute la parole de la jeune fille, il voyait bien que toute cette histoire la travaillait bien plus que lui. Car au final, lui-même avait simplement relégué ça dans ses souvenirs. Une fessée, ce n’était rien, absolument rien, dans la vie qu’il menait. Juste une broutille, un détail dans une existence faite de violences bien plus horribles que cela. Il avait juste oubli que Minati, elle, n’avait jamais eu à apprendre à vivre avec toute cette violence, ni même à ne serait-ce que s’en soucier.

Allez savoir pourquoi, en cet instant Cliff eut une pensée pour la petite Daphnée qui, cela se lisait à son regard, n’avait de loin pas eu autant de chance que la princesse. Il avait dit à la gamine qu’il la protégerait et il comptait bien tenir parole mais ce n’était pas en restant enfermé là comme un con qu’il y parviendrait.

Je suis désolé…, finit-il, enfin, par dire avec une sincérité non feinte en relevant finalement ses yeux pâles sur la jeune fille.

Ce qu’il avait fait, il l’avait fait avec de bonnes intentions dans le fond mais visiblement, il était le seul de eux deux à en être convaincu.

Je sais que je ne vaudrais jamais à tes yeux ton grand sauveur Gorav mais là dehors, il y a des gens qui comptent sur moi. Des gens dont la sécurité dépend de ma liberté. Si je disparais trop longtemps, mes ennemis n’attendront pas un instant pour s’attaquer à mes hommes et… J’imagine que je n’ai pas besoin de t’expliquer ce qui attendra les filles e les enfants travaillant pour moi.

Car oui, aussi surprenant que cela pouvait paraitre, la sécurité des « siens » était l’une des choses qui tenait le plus Clifford à cœur. Et ce, même si les « siens » étaient une bande de mercenaires, d’assassins, de voleurs et de prostituées.

Alors soit tu me fais sortir d’ici… Soit et bien… je ne te retiens pas, tu connais la sortie, dit-il en désignant d’un geste de la main la direction de la porte. Mais cela fait déjà trop longtemps que je suis là, et même si je trouve toujours nos petites conversations distrayantes, je ne peux pas me permettre de rester enfermé encore des heures.


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Message#Sujet: Re: Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte. feat Minati   Jeu 12 Oct - 22:32


Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte
C'

est drôle, mais alors que la princesse s'était montrée défiante tout au long de leur conversation - et à juste titre à ses yeux -, avait voulu remettre en cause le moindre de ses propos, là, maintenant, tout de suite, alors qu'il lui disait qu'il était désolé, elle avait envie de le croire. Ou plutôt, non, ce n'était pas qu'elle avait envie de le croire, elle n'en avait pas envie, mais elle le croyait quand même. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi il s'excusait, il avait certes des raisons de le faire, mais elle ne lui imaginait pas le moindre scrupule. Du coup, il faut bien l'admettre, elle était sincèrement déstabilisée par les propos de cet homme, même si elle fit de son mieux pour donner mine de rien (pas sûr que ce soit vraiment concluant, d'ailleurs).

Quand il reprit la parole, par contre, elle ne sut pas trop s'il parlait sincèrement ou s'il ne cherchait pas juste tout simplement à l'endormir. Forcément, il lui donnait le sentiment de seulement vouloir l'apitoyer. Des femmes et des enfants dépendaient de lui, ils ne s'en sortiraient pas sans lui. Est-ce que c'était vrai ? Elle ne savait pas... Elle n'avait vu son petit empire que de loin... C'est vrai que beaucoup de personnes semblaient dépendre de lui, mais en même temps, est-ce qu'ils ne seraient pas plus heureux sans lui ? Elle ne voulait faire de mal en personne, et en même temps, elle ne voulait pas non plus réagir naïvement. Pour la peine, elle ne savait vraiment pas quoi faire, et faute de savoir quoi faire, elle hésitait. Minati se surprit à regarder Clifford, puis la sortie, puis Clifford... Raaaa... mais c'est qu'il était en train de lui retourner le cerveau ! Finalement, elle prit une grande inspiration.

-Faites comme vous voulez, mais je ne vous aiderai pas à sortir.

En somme, elle allait s'en aller, ne pas l'aider à s'enfuir. Elle n'allait tout de même pas libérer celui qui l'avait séquestrée, il ne faut pas abuser, non ! Elle ne l'aiderait pas à sortir, mais elle renonçait à le surveiller, à le faire exécuter au plus vite, bref, elle renonçait à ses résolutions premières, et si l'homme disait vrai, il serait bien vite libéré par les siens... Elle l'acceptait. Sans l'accepter vraiment. Dans un soupir, elle se dirigea vers la sortie. Il était préférable qu'elle s'en aille. Et qu'elle prenne un bon bain par la même occasion.

-Adieu.

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